Le fondement théorique repose sur COMPATIBLE STRESS FIELD DESIGN OF STRUCTURAL CONCRETE
(Kaufmann et al., 2020)
Dimensionnement structurel des discontinuités du béton dans IDEA StatiCa Detail
1 Introduction à la méthode CSFM
1.1 Introduction générale au dimensionnement structurel des détails en béton
1.2 Hypothèses principales et limites
1.3 Outils de dimensionnement du ferraillage
2 Modèle d'analyse d'IDEA StatiCa Detail
2.1 Introduction à la mise en œuvre des éléments finis
2.2 Appuis et éléments de transmission des charges
2.3 Transfert de charge aux extrémités recoupées des poutres
2.4 Modification géométrique des sections transversales
2.5 Types d'éléments finis
2.6 Maillage
2.7 Méthode de résolution et algorithme de contrôle de charge
2.8 Présentation des résultats
3 Vérification du modèle
3.1 États limites, calcul de l'ouverture des fissures et raidissement en traction
4 Vérifications structurelles selon l'EUROCODE
4.1 Modèles de matériaux (EN)
4.2 Coefficients de sécurité
4.3 Analyse à l'état limite ultime
4.4 Zones partiellement chargées (PLA)
4.5 Analyse à l'état limite de service
5 Vérifications structurelles selon l'ACI 318-19
5.1 Modèles de matériaux (ACI)
5.2 Coefficients de réduction de résistance et de charge
5.3 Vérifications de résistance
5.4 Zones d'appui et d'ancrage - Zones partiellement chargées
5.5 Vérifications à l'état limite de service
6 Vérifications structurelles selon l'AASHTO
6.1 Modèles de matériaux (AASHTO)
6.2 Coefficients de résistance et de charge
6.3 État limite de résistance
6.4 Résistance des zones d'appui et d'ancrage – Zones partiellement chargées
6.5 État limite de service
7 Vérifications structurelles selon l'AS 3600
7.1 Modèles de matériaux (AUS)
7.2 Réduction des contraintes et coefficients de charge
7.3 Vérifications de résistance et d'ancrage
7.4 Vérifications à l'état limite de service
8 Vérifications structurelles selon la CSA A23.3:24
8.1 Modèles de matériaux (CSA)
8.2 Coefficients de résistance et de charge
8.3 État limite ultime
8.4 Résistance des zones d'appui et d'ancrage – Zones partiellement chargées
8.5 État limite de service
9 Précontrainte dans Detail - Description du modèle
1 Introduction à la méthode CSFM
1.1 Introduction générale à la conception structurelle des détails en béton
Le dimensionnement et la vérification des éléments en béton sont normalement effectués au niveau de la section (élément 1D) ou du point (élément 2D). Cette procédure est décrite dans toutes les normes de calcul des structures, par exemple dans (EN 1992-1-1 ou ACI 318-19), et elle est utilisée dans la pratique courante de l'ingénierie des structures. Cependant, on ignore ou on néglige parfois que cette procédure n'est acceptable que dans les zones où l'hypothèse de Bernoulli-Navier de distribution plane des déformations s'applique (appelées régions B). Les zones où cette hypothèse ne s'applique pas sont appelées régions de discontinuité ou régions perturbées (régions D). Des exemples de régions B et D d'éléments 1D sont donnés à la (Fig. 1). Il s'agit, par exemple, des zones d'appui, des parties où des charges concentrées sont appliquées, des endroits où se produit une variation brusque de la section, des ouvertures, etc. Lors de la conception des structures en béton, nous rencontrons de nombreuses autres régions D, telles que les voiles, les entretoises de ponts, les corbeaux, etc.

Par le passé, des règles de calcul semi-empiriques étaient utilisées pour dimensionner les régions de discontinuité. Heureusement, ces règles ont été en grande partie remplacées au cours des dernières décennies par les modèles bielle-et-tirant (Schlaich et al., 1987) et les champs de contraintes (Marti 1985), qui figurent dans les codes de calcul actuels et sont fréquemment utilisés par les projeteurs aujourd'hui. Ces modèles sont des outils puissants et mécaniquement cohérents. Notez que les champs de contraintes peuvent généralement être continus ou discontinus, et que les modèles bielle-et-tirant sont un cas particulier de champs de contraintes discontinus.
Malgré l'évolution des outils de calcul au cours des dernières décennies, les modèles Bielle-et-Tirant sont encore essentiellement utilisés comme calculs manuels. Leur application à des structures réelles est fastidieuse et chronophage, car des itérations sont nécessaires et plusieurs cas de charge doivent être pris en compte. De plus, cette méthode n'est pas adaptée à la vérification des critères d'aptitude au service (déformations, ouvertures de fissures, etc.).
L'intérêt des ingénieurs structure pour un outil fiable et rapide de dimensionnement des régions D a conduit à la décision de développer la nouvelle Méthode du Champ de Contraintes Compatible, une méthode de dimensionnement par champs de contraintes assistée par ordinateur, qui permet le dimensionnement et la vérification automatiques des éléments en béton de structure soumis à des charges dans leur plan.
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible (CSFM) est une méthode d'analyse par champs de contraintes continus basée sur les éléments finis, dans laquelle les solutions classiques de champs de contraintes sont complétées par des considérations cinématiques, c'est-à-dire que l'état de déformation est évalué dans l'ensemble de la structure. Ainsi, la résistance effective en compression du béton peut être calculée automatiquement à partir de l'état de déformation transversale, de manière similaire aux analyses par champs de compression qui tiennent compte de l'adoucissement en compression (Vecchio et Collins 1986 ; Kaufmann et Marti 1998) et à la méthode EPSF (Fernández Ruiz et Muttoni 2007). De plus, la CSFM prend en compte le raidissement en traction, ce qui confère aux éléments des rigidités réalistes, et couvre toutes les prescriptions des codes de calcul (y compris les aspects d'aptitude au service et de capacité de déformation) qui n'étaient pas traitées de manière cohérente par les approches précédentes. La CSFM utilise les lois constitutives uniaxiales courantes fournies par les normes de calcul pour le béton et le ferraillage. Celles-ci sont connues au stade du projet, ce qui permet d'utiliser la méthode des coefficients partiels de sécurité. Ainsi, les projeteurs n'ont pas à fournir de propriétés de matériaux supplémentaires, souvent arbitraires, comme c'est généralement le cas pour les analyses éléments finis non linéaires, ce qui rend la méthode parfaitement adaptée à la pratique de l'ingénierie.
Pour favoriser l'utilisation des champs de contraintes assistés par ordinateur par les ingénieurs structure, ces méthodes doivent être implémentées dans des environnements logiciels conviviaux. À cette fin, la CSFM a été implémentée dans IDEA StatiCa Detail ; un nouveau logiciel commercial convivial développé conjointement par l'ETH Zurich et la société de logiciels IDEA StatiCa dans le cadre du projet DR-Design Eurostars-10571.
1.2 Hypothèses principales et limitations de la CSFM en 2D
La CSFM considère la contrainte principale maximale de compression du béton (σc2r) et les contraintes du ferraillage (σsr) au droit des fissures, tout en négligeant la résistance en traction du béton (σc1r = 0), à l'exception de son effet de raidissement sur le ferraillage. La prise en compte du raidissement en traction permet de simuler les déformations moyennes du ferraillage (εm). Des fissures fictives, rotatives et sans contrainte, qui s'ouvrent sans glissement (Fig. 2a), sont considérées. L'équilibre au droit des fissures est également pris en compte, ainsi que les déformations moyennes du ferraillage.

Malgré leur simplicité, des hypothèses similaires ont démontré qu'elles permettent de prédire avec précision le comportement des éléments en béton armé soumis à un chargement dans leur plan (Kaufmann 1998 ; Kaufmann et Marti 1998), à condition que le ferraillage mis en place évite les ruptures fragiles à la fissuration. Par ailleurs, la non-prise en compte de toute contribution de la résistance en traction du béton à la charge ultime est cohérente avec les principes des normes de calcul modernes, qui reposent pour la plupart sur la théorie de la plasticité.
Toutefois, la CSFM n'est pas adaptée aux éléments élancés sans ferraillage transversal, car les mécanismes pertinents pour ces éléments, tels que l'engrènement des granulats, les contraintes de traction résiduelles à la pointe de la fissure et l'effet de goujon, qui dépendent tous directement ou indirectement de la résistance en traction du béton, sont ignorés. Si certaines normes de calcul autorisent le dimensionnement de tels éléments sur la base de dispositions semi-empiriques, la CSFM n'est pas destinée à ce type de structure potentiellement fragile.
Béton
Le modèle de béton implémenté dans la CSFM repose sur les lois de comportement uniaxiales en compression prescrites par les normes de calcul pour le dimensionnement des sections, qui ne dépendent que de la résistance en compression. Le diagramme parabole-rectangle (Fig. 2c) est utilisé par défaut dans la CSFM, mais les concepteurs peuvent également choisir une relation élastique parfaitement plastique plus simplifiée. Lors d'une vérification selon le code ACI, seul le diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle peut être utilisé. Comme mentionné précédemment, la résistance en traction est négligée, comme dans le calcul classique du béton armé.
La résistance effective en compression est évaluée automatiquement pour le béton fissuré à partir de la déformation principale de traction (ε1) au moyen du coefficient de réduction kc2, comme indiqué sur les Fig. 2c et 2e. La relation de réduction implémentée (Fig. 2e) est une généralisation de la proposition du fib Model Code 2010 pour les vérifications au cisaillement, qui contient une valeur limite de 0,65 pour le rapport maximal entre la résistance effective du béton et sa résistance en compression, valeur qui n'est pas applicable aux autres cas de charge.
La CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c'est-à-dire qu'elle considère une branche plastique infinie après l'atteinte de la contrainte maximale). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui ruinent en compression. Toutefois, leur capacité ultime est correctement prédite lorsque, en plus du coefficient du béton fissuré (kc2) défini sur la (Fig. 2e), l'augmentation de la fragilité du béton avec l'accroissement de sa résistance est prise en compte au moyen du coefficient de réduction défini dans le fib Model Code 2010 comme suit :
où :
kc est le coefficient de réduction global de la résistance en compression
kc2 est le coefficient de réduction dû à la présence de fissuration transversale
fc est la résistance caractéristique du béton sur cylindre (en MPa pour la définition de ).
Le coefficient kc2 fait également l'objet d'une réduction pour des raisons de stabilité du calcul. Cette réduction n'influence pas la résistance totale des éléments. En considérant la valeur fcd comme la résistance de calcul du béton (valeur de calcul), la valeur de kc2 est réduite selon les règles suivantes.
σc2r < 0,11fcd kc2=1,0
0,11fcd < σc2r < 0,37fcd kc2 correspond à une interpolation linéaire entre 1,0 et la valeur issue du
graphique de la Fig. 2f
σc2r > 0,37fcd kc2 est directement tiré du graphique de la Fig. 2f
Ferraillage
Le diagramme contrainte-déformation bilinéaire idéalisé des barres d'armature nues, généralement défini par les normes de calcul (Fig. 2d), est considéré. La définition de ce diagramme nécessite uniquement de connaître les propriétés de base du ferraillage lors de la phase de conception (résistance et classe de ductilité). Une relation contrainte-déformation définie par l'utilisateur peut également être utilisée.
Le raidissement en traction est pris en compte en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de la barre d'armature nue afin de représenter la rigidité moyenne des barres noyées dans le béton (εm).
Modèle d'adhérence
Le glissement d'adhérence entre le ferraillage et le béton est introduit dans le modèle aux éléments finis en considérant la relation de comportement simplifiée rigide parfaitement plastique présentée sur la Fig. 2f, où fbd est la valeur de calcul (valeur pondérée) de la contrainte d'adhérence ultime spécifiée par la norme de calcul pour les conditions d'adhérence considérées.
Il s'agit d'un modèle simplifié dont le seul but est de vérifier les prescriptions d'adhérence selon les normes de calcul (c'est-à-dire l'ancrage du ferraillage). La réduction de la longueur d'ancrage lors de l'utilisation de crochets, de boucles et de formes de barres similaires peut être prise en compte en définissant une certaine capacité à l'extrémité du ferraillage,comme cela sera décrit plus loin.
1.3 Outils de calcul pour le ferraillage
Déroulement et objectifs
L'objectif des outils de calcul du ferraillage dans la CSFM est d'aider les concepteurs à déterminer efficacement l'emplacement et la quantité requise d'armatures. Les outils suivants sont disponibles pour aider / guider l'utilisateur dans cette démarche : le calcul linéaire et l'optimisation topologique.
Les outils de calcul du ferraillage utilisent des modèles de comportement plus simplifiés que ceux employés pour la vérification finale de la structure. Par conséquent, la définition du ferraillage à cette étape doit être considérée comme un pré-dimensionnement, à confirmer/affiner lors de l'étape de vérification finale. L'utilisation des différents outils de calcul du ferraillage est illustrée sur le modèle présenté à la Fig. 3, qui correspond à l'extrémité d'une poutre sur appuis simples à hauteur variable, soumise à une charge uniformément répartie.

Analyse linéaire
L'analyse linéaire considère des propriétés de matériau linéaires élastiques et néglige le ferraillage dans la région en béton. Il s'agit donc d'un calcul très rapide, qui donne un premier aperçu de l'emplacement des zones tendues et comprimées. Un exemple d'un tel calcul est présenté à la Fig. 4.

Optimisation topologique
L'optimisation topologique est une méthode qui vise à trouver la répartition optimale de matière dans un volume donné pour une configuration de charges donnée. L'optimisation topologique implémentée dans Idea StatiCa Detail utilise un modèle d'éléments finis linéaire. Chaque élément fini peut avoir une densité relative comprise entre 0 et 100 %, représentant la quantité relative de matière utilisée. Ces densités d'éléments sont les paramètres d'optimisation du problème d'optimisation. La répartition de matière obtenue est considérée comme optimale pour l'ensemble de charges donné si elle minimise l'énergie de déformation totale du système. Par définition, la répartition optimale correspond également à la géométrie présentant la plus grande rigidité possible pour les charges données.
Le processus d'optimisation itératif démarre avec une répartition de densité homogène. Le calcul est effectué pour plusieurs fractions de volume total (20 %, 40 %, 60 % et 80 %), ce qui permet à l'utilisateur de sélectionner le résultat le plus pratique. La forme obtenue est constituée de treillis composés de bielles et de tirants, et représente la forme optimale pour les cas de charge donnés (Fig. 5).


2 Modèle d'analyse d'IDEA StatiCa Detail
2.1 Introduction à l'implémentation des éléments finis
La CSFM considère des champs de contraintes continus dans le béton (éléments finis 2D), complétés par des éléments discrets de type « barre » représentant le ferraillage (éléments finis 1D). Ainsi, le ferraillage n'est pas réparti de manière diffuse dans les éléments finis 2D du béton, mais modélisé explicitement et relié à ceux-ci. Un état plan de contraintes est considéré dans le modèle de calcul.

Il est possible de modéliser aussi bien des voiles et des poutres entières que des détails (parties) de poutres (région de discontinuité isolée, également appelée extrémité tronquée). Dans le cas des voiles et des poutres entières, les appuis doivent être définis de manière à obtenir une structure (extérieurement) isostatique (statiquement déterminée) ou hyperstatique (statiquement indéterminée). Le transfert des charges aux extrémités tronquées des poutres est introduit au moyen d'une zone de transfert de Saint-Venant spécifique, qui garantit une distribution réaliste des contraintes dans la région de détail analysée.
2.2 Appuis et éléments de transmission des charges
Pour modéliser la plupart des situations rencontrées durant le processus de construction, de nombreux types d'appuis (Fig. 7) et d'éléments de transmission des charges (Fig. 8) sont disponibles dans la CSFM.
Appuis
Un appui ponctuel peut être modélisé de plusieurs façons afin que les contraintes ne soient pas localisées en un seul point mais réparties sur une surface plus large. La première option est l'appui ponctuel réparti (Fig. 7a), qui répartit uniformément la charge sur le bord de l'élément, sur la largeur spécifiée.

L'appui patch (Fig. 7d), en revanche, ne peut être placé qu'à l'intérieur d'un volume de béton, avec un rayon effectif défini. Il est alors relié par des éléments rigides aux nœuds du maillage de ferraillage situés dans ce rayon. Il est donc nécessaire de définir une cage d'armatures autour de l'appui patch.
Pour une modélisation plus précise de certains cas réels, deux autres options existent pour l'appui ponctuel. Premièrement, l'appui ponctuel avec plaque d'appui de largeur et d'épaisseur définies (Fig. 7b). Le matériau de la plaque d'appui peut être spécifié, et l'ensemble de la plaque d'appui est maillé indépendamment. Deuxièmement, un appui suspendu est disponible (Fig. 7e) ; il peut être utilisé pour modéliser des ancrages de levage ou des goujons de levage.
L'appui linéaire (Fig. 7c) peut être défini sur un bord (en spécifiant sa longueur) ou à l'intérieur d'un élément (par une polyligne). Il est également possible de spécifier sa rigidité et/ou son comportement non linéaire (appui en compression/traction ou uniquement en compression).
- Consultez les descriptions détaillées dans Types d'appuis dans IDEA StatiCa Detail
Éléments de transmission des charges
L'introduction des charges dans la structure peut également être modélisée de plusieurs façons. Pour les charges ponctuelles, une plaque d'appui (Fig. 8a) peut être utilisée de la même manière que pour un appui ponctuel : elle répartit la charge concentrée sur une surface plus large grâce à une plaque d'acier de largeur et d'épaisseur définies.

La charge ponctuelle peut être appliquée soit directement sur la surface de la structure avec un rayon d'action défini (la charge est appliquée aux éléments en béton), soit par l'intermédiaire d'un dispositif de transmission spécial appelé charge patch (Fig. 8b et Fig. 9). La charge patch permet de transmettre la charge directement au ferraillage défini situé dans la zone du rayon effectif. Pour garantir le bon fonctionnement de la charge patch, il est nécessaire de définir (dans les propriétés du ferraillage) un groupe de barres qui seront reliées à la charge. Lorsque le ferraillage relié n'est pas défini, le mécanisme de transfert de charge est identique à celui d'une charge ponctuelle placée sur la surface d'un élément : la charge est transmise par les contraintes aux éléments en béton, et non directement au ferraillage.

Les ancrages de levage ou les goujons de levage peuvent être modélisés par une charge suspendue (Fig. 8c). L'utilisateur peut recourir à une surface partiellement chargée (Fig. 8d), ce qui permet d'augmenter la capacité portante du béton en compression selon l'Eurocode (ce type d'élément de transmission des charges ne peut pas être utilisé lorsque l'ACI est sélectionné). La structure peut également être chargée par des charges linéiques sur les bords, par une polyligne quelconque ou par des charges surfaciques. L'application Detail est capable de prendre automatiquement en compte le poids propre dans l'analyse.
2.3 Transfert des charges aux extrémités recoupées des poutres
Dans de nombreux cas, il est nécessaire de ne modéliser qu'une partie d'un élément structurel, par exemple un appui de poutre ou une ouverture au milieu de la poutre. Cette approche peut conduire à des configurations d'appui instables mais admissibles dans IDEA StatiCa Detail (y compris le cas sans appuis). Dans de tels cas, il est toutefois également nécessaire de modéliser la section représentant la liaison avec la région B adjacente, ainsi que les efforts internes dans cette section qui satisfont l'équilibre. Dans certains cas (par exemple, lors de la modélisation d'un appui de poutre), ces efforts internes peuvent être déterminés automatiquement par le programme.
Entre la région B et la région de discontinuité analysée, une zone de transfert de Saint-Venant est créée automatiquement afin de garantir une distribution réaliste des contraintes dans la région analysée. La largeur de la zone de transfert est déterminée comme la moitié de la hauteur de la section. La zone de Saint-Venant ayant pour seul objectif d'obtenir une distribution correcte des contraintes dans le reste du modèle, aucun résultat de cette zone n'est affiché dans la vérification et aucun critère d'arrêt n'y est pris en compte.
Le bord de la zone de Saint-Venant qui représente l'extrémité recoupée de la poutre est modélisé comme rigide, c'est-à-dire qu'il peut tourner mais doit rester plan. Pour cela, tous les nœuds EF du bord sont reliés à un nœud distinct situé au centre d'inertie de la section à l'aide d'un élément de corps rigide (RBE2). Les efforts internes de l'élément peuvent alors être appliqués à ce nœud, comme illustré à la Fig. 10.
2.4 Modification géométrique des sections transversales
La réduction de la section transversale est effectuée automatiquement pour les structures définies comme une poutre ou un assemblage de portique (définies par l'axe x et une section transversale). Cette modification est appliquée automatiquement aux sections transversales comportant des ailes très larges (Fig. 11) et repose sur l'hypothèse qu'un champ de contraintes de compression se diffuserait depuis le voile selon un angle de 45°, de sorte que la largeur réduite mentionnée ci-dessus correspond à la largeur maximale capable de transmettre les charges
Notez que la méthode de détermination de la largeur d'aile effective implémentée dans la CSFM diffère de celle indiquée au 5.3.2.1 de l'EN 1992-1-1 (2015) ou au 9.2.4.4 de l'ACI 318-19. Outre la géométrie, la largeur d'aile effective selon l'Eurocode dépend explicitement des portées et des conditions aux limites de la structure.

Dans le cas de jarrets situés dans le plan horizontal (Fig. 12), chaque jarret est divisé en cinq tronçons sur sa longueur. Chacun de ces tronçons est ensuite modélisé comme un voile d'épaisseur constante, égale à l'épaisseur réelle au milieu du tronçon considéré.

2.5 Types d'éléments finis
Le modèle d'analyse non linéaire (inélastique) par éléments finis est constitué de plusieurs types d'éléments finis utilisés pour modéliser le béton, le ferraillage et l'adhérence entre les deux. Les éléments de béton et de ferraillage sont d'abord maillés indépendamment, puis reliés entre eux par des contraintes multipoints (éléments MPC). Cela permet au ferraillage d'occuper une position relative arbitraire par rapport au béton. Si la vérification de la longueur d'ancrage doit être calculée, des éléments d'adhérence et des éléments ressorts d'extrémité d'ancrage sont insérés entre le ferraillage et les éléments MPC.

Béton
Le béton est modélisé à l'aide d'éléments coques quadrilatéraux et triangulaires, CQUAD4 et CTRIA3. Ceux-ci peuvent être définis respectivement par quatre ou trois nœuds. Seul un état de contraintes planes est supposé exister dans ces éléments, c'est-à-dire que les contraintes ou les déformations dans la direction z ne sont pas prises en compte.
Chaque élément comporte quatre ou trois points d'intégration, placés approximativement à 1/4 de sa dimension. En chaque point d'intégration de chaque élément, les directions des déformations principales α1, α2 sont calculées. Dans ces deux directions, les contraintes principales σc1, σc2 et les rigidités E1, E2 sont évaluées selon le diagramme contrainte-déformation du béton spécifié, conformément à la Fig. 2. Il convient de noter que l'effet de l'adoucissement en compression couple le comportement de la direction principale comprimée à l'état réel de l'autre direction principale.
Ferraillage
Les armatures sont modélisées par des éléments 1D « barres » à deux nœuds (CROD), qui possèdent uniquement une rigidité axiale. Ces éléments sont reliés à des éléments d'« adhérence » spéciaux, développés afin de modéliser le comportement de glissement entre une barre d'armature et le béton environnant. Ces éléments d'adhérence sont ensuite reliés par des éléments MPC (contraintes multipoints) au maillage représentant le béton. Cette approche permet le maillage indépendant du ferraillage et du béton, tandis que leur liaison est assurée ultérieurement.
Éléments d'adhérence
La longueur d'ancrage est vérifiée en introduisant les contraintes de cisaillement d'adhérence entre les éléments de béton (2D) et les éléments de barre d'armature (1D) dans le modèle par éléments finis. À cette fin, un type d'élément fini d'« adhérence » a été développé.
La définition de l'élément d'adhérence est similaire à celle d'un élément coque (CQUAD4). Il est également défini par 4 nœuds, mais contrairement à une coque, il ne possède une rigidité non nulle qu'en cisaillement entre les deux nœuds supérieurs et les deux nœuds inférieurs. Dans le modèle, les nœuds supérieurs sont reliés aux éléments représentant le ferraillage et les nœuds inférieurs à ceux représentant le béton. Le comportement de cet élément est décrit par la contrainte d'adhérence, τb, sous la forme d'une fonction bilinéaire du glissement entre les nœuds supérieurs et inférieurs, δu, voir Fig. 14.
Le module de rigidité élastique de la relation adhérence-glissement, Gb, est défini comme suit :
où :
kg coefficient dépendant de la surface de la barre d'armature (par défaut kg = 0,2)
Ec module d'élasticité du béton (pris égal à Ecm dans le cas de l'EN)
Ø le diamètre de la barre d'armature
Les valeurs de calcul (valeurs pondérées) de la contrainte de cisaillement d'adhérence ultime, fbd, fournies par les normes de calcul sélectionnées, EN 1992-1-1 ou ACI 318-19, sont utilisées pour vérifier la longueur d'ancrage. L'écrouissage de la branche plastique est calculé par défaut comme Gb/105.
Ressort d'ancrage
La mise en place d'extrémités d'ancrage sur les barres d'armature (c'est-à-dire coudes, crochets, boucles…), conformes aux prescriptions des normes de calcul, permet de réduire la longueur d'ancrage de base des barres (lb,net) d'un certain facteur β (appelé « coefficient d'ancrage » ci-dessous). La valeur de calcul de la longueur d'ancrage (lb) est alors calculée comme suit :
La réduction visée de lb,net équivaut à l'activation de la barre d'armature à son extrémité, à un pourcentage de sa capacité maximale donné par le coefficient de réduction d'ancrage, comme illustré à la Fig. 15a.
La réduction de la longueur d'ancrage est introduite dans le modèle par éléments finis au moyen d'un élément ressort à l'extrémité de la barre (Fig. 15), défini par le modèle constitutif présenté à la Fig. 15b. L'effort maximal transmis par ce ressort (Fau) est :
où :
β le coefficient d'ancrage selon le type d'ancrage,
As la section de la barre d'armature,
fyd la valeur de calcul (valeur pondérée) de la limite d'élasticité du ferraillage.
2.6 Maillage
Les éléments finis sont implémentés en interne et le modèle d'analyse est généré automatiquement, sans nécessiter l'intervention d'un utilisateur expérimenté. Le maillage constitue une étape importante de ce processus.
Béton
Tous les éléments en béton sont maillés ensemble. L'application calcule automatiquement une taille d'élément recommandée à partir des dimensions et de la forme de la structure, en tenant compte du diamètre de la plus grande barre de ferraillage. De plus, cette taille d'élément recommandée garantit la génération d'au moins 4 éléments dans les parties minces de la structure, telles que les poteaux élancés ou les dalles minces, afin d'obtenir des résultats fiables dans ces zones. Le nombre maximal d'éléments de béton est limité à 5000, mais cette valeur est suffisante pour atteindre la taille d'élément recommandée pour la plupart des structures. L'ingénieur peut toujours définir sa propre taille d'élément de béton en modifiant le multiplicateur de la taille de maillage par défaut.
Ferraillage
Le ferraillage est divisé en éléments dont la longueur est approximativement égale à la taille des éléments de béton. Une fois les maillages du ferraillage et du béton générés, ils sont reliés entre eux par des éléments d'adhérence, comme illustré sur la Fig. 13.
Plaques d'appui
Les parties structurelles auxiliaires, telles que les plaques d'appui, sont maillées indépendamment. La taille de ces éléments est calculée comme étant égale à 2/3 de la taille des éléments de béton dans la zone d'assemblage. Les nœuds du maillage de la plaque d'appui sont ensuite reliés aux nœuds de bord du maillage du béton à l'aide d'éléments de contrainte d'interpolation (RBE3).
Charges et appuis
Les charges surfaciques et les appuis surfaciques sont reliés uniquement au ferraillage, comme illustré sur la Fig. 16. Il est donc nécessaire de définir du ferraillage autour de ceux-ci. La liaison avec tous les nœuds du ferraillage situés dans le rayon d'influence est assurée par des éléments RBE3 de poids égal.

Les appuis linéiques et les charges linéiques sont reliés aux nœuds du maillage du béton à l'aide d'éléments RBE3, en fonction de la largeur spécifiée ou du rayon d'influence. Le poids des liaisons est inversement proportionnel à la distance par rapport à l'appui ou à l'impulsion de charge.
- Pour en savoir plus sur la liaison entre les charges individuelles et le maillage, consultez Description générale des impulsions de charge dans l'application Detail
2.7 Méthode de résolution et algorithme de pilotage en charge
Un algorithme de Newton-Raphson (NR) complet standard est utilisé pour résoudre le problème non linéaire de la Méthode des Éléments Finis (FEM).
En général, l'algorithme NR converge rarement lorsque la charge totale est appliquée en une seule étape. Une approche usuelle, également adoptée ici, consiste à appliquer la charge de manière séquentielle en plusieurs incréments et à utiliser le résultat de l'incrément de charge précédent comme point de départ de la résolution de Newton de l'incrément suivant. Dans ce but, un algorithme de pilotage en charge a été implémenté au-dessus de l'algorithme de Newton-Raphson. Si les itérations NR ne convergent pas, l'incrément de charge courant est réduit de moitié et les itérations NR sont relancées.
Le second objectif de l'algorithme de pilotage en charge est de déterminer la charge critique, qui correspond à certains « critères d'arrêt » : plus précisément, la déformation maximale du béton, le glissement maximal dans les éléments d'adhérence, le déplacement maximal dans les éléments d'ancrage et la déformation maximale des barres de ferraillage. La charge critique est déterminée par la méthode de dichotomie. Si le critère d'arrêt est dépassé en un point quelconque du modèle, les résultats du dernier incrément de charge sont rejetés et un nouvel incrément, de taille égale à la moitié du précédent, est calculé. Ce processus est répété jusqu'à ce que la charge critique soit déterminée avec une certaine tolérance d'erreur.
Pour le béton, le critère d'arrêt a été fixé à une déformation de 5 % en compression (soit environ un ordre de grandeur au-dessus de la déformation de rupture réelle du béton) et de 7 % en traction aux points d'intégration des éléments coque. En traction, cette valeur a été choisie pour que la déformation limite du ferraillage, qui est généralement d'environ 5 % sans prise en compte du raidissement en traction, soit atteinte en premier. En compression, la valeur a été retenue parmi plusieurs alternatives comme étant suffisamment élevée pour que les effets de l'écrasement soient visibles dans les résultats, mais suffisamment faible pour ne pas causer trop de problèmes de stabilité numérique.
Pour le ferraillage, le critère d'arrêt est défini en termes de contraintes. Comme les contraintes sont modélisées au niveau de la fissure, le critère en traction correspond à la résistance en traction du ferraillage, compte tenu du coefficient de sécurité. La même valeur est utilisée pour le critère en compression.
Le critère d'arrêt dans les éléments d'adhérence et les ressorts d'ancrage est α·δumax, où δumax est le glissement maximal utilisé dans les vérifications normatives et α = 10.
2.8 Présentation des résultats
Les résultats sont présentés séparément pour le béton et pour les éléments de ferraillage. Les valeurs de contrainte et de déformation dans le béton sont calculées aux points d'intégration des éléments coque. Cependant, comme il n'est pas pratique de présenter les données de cette manière, les résultats sont présentés par défaut aux nœuds, sous la forme de la valeur maximale de contrainte de compression issue des points d'intégration de Gauss adjacents dans les éléments connectés (Fig. 18). Il convient de noter que cette représentation peut sous-estimer localement les résultats aux bords comprimés des éléments lorsque la taille de l'élément fini est similaire à la hauteur de la zone comprimée.
Fig. 18 - Élément fini de béton avec points d'intégration et nœuds : présentation des résultats pour le béton aux nœuds et dans les éléments finis.
Les résultats pour les éléments finis de ferraillage sont soit constants pour chaque élément (une seule valeur – par ex. pour les contraintes dans l'acier), soit linéaires (deux valeurs – pour les résultats d'adhérence). Pour les éléments auxiliaires, tels que les éléments des plaques d'appui, seules les déformations sont présentées.
3 Vérification du modèle
3.1 États limites et calcul de l'ouverture des fissures
La vérification de la structure par la CSFM s'effectue au moyen de deux analyses distinctes : l'une pour les combinaisons de charges à l'état limite de service, l'autre pour celles à l'état limite ultime. L'analyse à l'état limite de service suppose que le comportement ultime de l'élément est satisfaisant et que les conditions de plastification du matériau ne seront pas atteintes aux niveaux de charge de service. Cette approche permet d'utiliser des modèles constitutifs simplifiés (avec une branche linéaire du diagramme contrainte-déformation du béton) pour l'analyse à l'ELS, afin d'améliorer la stabilité numérique et la vitesse de calcul. Il est donc recommandé d'appliquer la procédure présentée ci-dessous, dans laquelle l'analyse à l'état limite ultime est réalisée en premier.
Analyse à l'état limite ultime
Les différentes vérifications exigées par les normes de calcul spécifiques sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications à l'ELU portent sur la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
Pour garantir qu'un élément structurel est conçu de manière efficace, il est vivement recommandé de réaliser une analyse préliminaire qui comprend les étapes suivantes :
- Sélectionner les combinaisons de charges les plus critiques.
- Calculer uniquement les combinaisons de charges à l'état limite ultime (ELU).
- Utiliser un maillage grossier (en augmentant le multiplicateur de la taille de maillage par défaut dans Setup (Fig. 19)).
Un tel modèle se calcule très rapidement, ce qui permet aux projeteurs d'examiner efficacement le détail de l'élément structurel et de relancer l'analyse jusqu'à ce que toutes les exigences de vérification soient satisfaites pour les combinaisons de charges les plus critiques. Une fois que toutes les exigences de vérification de cette analyse préliminaire sont satisfaites, il est conseillé d'inclure l'ensemble des combinaisons de charges ultimes et d'utiliser une taille de maillage fine (la taille de maillage recommandée par le programme). L'utilisateur peut modifier la taille du maillage à l'aide du multiplicateur, qui peut prendre des valeurs de 0,5 à 5 (Fig. 19).
Les résultats et vérifications de base (contrainte, déformation et taux de travail, c'est-à-dire la valeur calculée rapportée à la valeur limite de la norme, ainsi que la direction des contraintes principales dans le cas des éléments en béton) sont affichés sous forme de différents tracés, où la compression est généralement représentée en rouge et la traction en bleu. Les valeurs minimales et maximales globales pour l'ensemble de la structure peuvent être mises en évidence, de même que les valeurs minimales et maximales pour chaque partie définie par l'utilisateur. Dans un onglet distinct du programme, il est possible d'afficher des résultats avancés tels que les valeurs tensorielles, les déformées de la structure et les taux de ferraillage (effectif et géométrique) utilisés pour calculer le raidissement en traction des barres de ferraillage. En outre, les charges et les réactions pour les combinaisons ou les cas de charge sélectionnés peuvent être présentées.
Analyse à l'état limite de service
Les vérifications à l'ELS portent sur la limitation des contraintes, l'ouverture des fissures et les limites de flèche. Les contraintes sont vérifiées dans le béton et dans le ferraillage selon la norme applicable, d'une manière similaire à celle prévue pour l'ELU.
L'analyse à l'état limite de service comporte certaines simplifications des modèles constitutifs utilisés pour l'analyse à l'état limite ultime. Une adhérence parfaite est supposée, c'est-à-dire que la longueur d'ancrage n'est pas vérifiée à l'état limite de service. De plus, la branche plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est négligée, tandis que la branche élastique est linéaire et infinie. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul, et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux à l'état limite de service restent nettement inférieures à leurs limites d'élasticité (comme l'exigent les normes). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés à l'état limite de service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.
Calcul de l'ouverture des fissures et raidissement en traction
Calcul de l'ouverture des fissures
Il existe deux méthodes de calcul de l'ouverture des fissures - fissuration stabilisée et non stabilisée. En fonction du taux de ferraillage géométrique dans chaque partie de la structure, il est décidé quel type de modèle de calcul de fissuration sera utilisé (TCM pour la fissuration stabilisée et POM pour le modèle de fissuration non stabilisée).
Alors que le CSFM fournit un résultat direct pour la plupart des vérifications (par ex. capacité de l'élément, flèches…), les résultats d'ouverture de fissure sont calculés à partir des résultats de déformation de l'armature directement fournis par l'analyse EF, en suivant la méthodologie décrite en Fig. 20. Une cinématique de fissuration sans glissement (ouverture pure de la fissure) est considérée (Fig. 20a), ce qui est cohérent avec les principales hypothèses du modèle. Les directions principales des contraintes et des déformations définissent l'inclinaison des fissures (θr = θs= θe). Selon la (Fig. 20b), l'ouverture de fissure (w) peut être projetée dans la direction de l'armature (wb), ce qui conduit à :
où θb est l'inclinaison de la barre.
Veuillez noter que le programme affiche les valeurs de θr et θb < π/2. Cela signifie que l'équation précédente fonctionne pour les cas où l'armature et la fissure traversent des quadrants différents du système de coordonnées cartésien, comme montré en Fig. 20, où l'armature traverse les quadrants I et III et la fissure les quadrants II et IV. Pour les cas où l'armature et la fissure traversent les mêmes quadrants, l'équation doit être modifiée comme suit :
La composante wb est systématiquement calculée sur la base des modèles de raidissement en traction en intégrant les déformations de l'armature. Pour les régions présentant des schémas de fissuration entièrement développés, les déformations moyennes calculées (em) le long des barres d'armature sont directement intégrées le long de l'espacement des fissures (sr), comme indiqué en (Fig. 20c). Bien que cette approche de calcul des directions de fissuration ne corresponde pas à la position réelle des fissures, elle fournit néanmoins des valeurs représentatives conduisant à des résultats d'ouverture de fissure qui peuvent être comparés aux valeurs d'ouverture de fissure requises par la norme à la position de l'armature.
Des situations particulières sont observées aux angles concaves de la structure calculée. Dans ce cas, l'angle prédéfinit la position d'une fissure unique qui se comporte de manière non stabilisée avant que des fissures adjacentes supplémentaires ne se développent. Ces fissures supplémentaires se développent généralement après le domaine de service (Mata-Falcón 2015), ce qui justifie de calculer les ouvertures de fissure dans une telle région comme si elles étaient non stabilisées (Fig. 21).

Raidissement en traction
La mise en œuvre du raidissement en traction distingue les cas de schémas de fissuration stabilisés et non stabilisés. Dans les deux cas, le béton est considéré comme entièrement fissuré avant chargement par défaut.
Fissuration stabilisée
Dans les schémas de fissuration entièrement développés, le raidissement en traction est introduit à l'aide du Tension Chord Model (TCM) (Marti et al. 1998 ; Alvarez 1998) – Fig. 22a – dont il a été démontré qu'il fournit d'excellentes prédictions de réponse malgré sa simplicité (Burns 2012). Le TCM suppose une relation contrainte de cisaillement d'adhérence-glissement en escalier, rigide-parfaitement plastique, avec τb = τb0 =2 fctm pour σs ≤ fy et τb =τb1 = fctm pour σs > fy. En traitant chaque barre d'armature comme un tirant en traction – Fig. 22b et Fig. 22a – la distribution du cisaillement d'adhérence, des contraintes dans l'acier et le béton, et donc la distribution de déformation entre deux fissures, peut être déterminée pour toute valeur donnée des contraintes (ou déformations) maximales de l'acier aux fissures.
Pour sr = sr0, une nouvelle fissure peut ou non se former car au centre entre deux fissures σc1 = fct. Par conséquent, l'espacement des fissures peut varier d'un facteur deux, soit sr = λsr0, avec l = 0,5…1,0. En supposant une certaine valeur pour λ, la déformation moyenne du tirant (εm) peut être exprimée en fonction des contraintes maximales de l'armature (c.-à-d. les contraintes aux fissures, σsr). Pour le diagramme contrainte-déformation bilinéaire idéalisé des barres d'armature nues considéré par défaut dans le CSFM, les expressions analytiques explicites suivantes sont obtenues (Marti et al. 1998) :
où :
Esh le module d'écrouissage de l'acier Esh = (ft – fy)/(εu – fy /Es) ,
Es module d'élasticité de l'armature,
Ø diamètre de la barre d'armature,
sr espacement des fissures,
σsr contraintes de l'armature aux fissures,
σs contraintes réelles de l'armature,
fy limite d'élasticité de l'armature.
La mise en œuvre du CSFM dans Idea StatiCa Detail considère par défaut l'espacement moyen des fissures lors de l'analyse des champs de contraintes assistée par ordinateur. L'espacement moyen des fissures est considéré comme étant 2/3 de l'espacement maximal des fissures (λ = 0,67), ce qui suit les recommandations formulées sur la base d'essais de flexion et de traction (Broms 1965 ; Beeby 1979 ; Meier 1983). Il convient de noter que les calculs d'ouverture de fissure considèrent un espacement maximal des fissures (λ = 1,0) afin d'obtenir des valeurs conservatives.
L'application du TCM dépend du taux de ferraillage, et par conséquent l'attribution d'une surface de béton appropriée agissant en traction entre les fissures à chaque barre d'armature est cruciale. Une procédure numérique automatique a été développée pour définir le taux de ferraillage effectif correspondant (ρeff = As/Ac,eff) pour toute configuration, y compris l'armature inclinée (Fig. 23).

Fissuration non stabilisée
Les fissures existant dans des régions présentant des taux de ferraillage géométrique inférieurs à ρcr, c'est-à-dire la quantité minimale d'armature pour laquelle l'armature est capable de reprendre la charge de fissuration sans plastifier, sont générées soit par des actions non mécaniques (par ex. le retrait), soit par la propagation de fissures contrôlées par une autre armature. La valeur de cette armature minimale est obtenue comme suit :
où :
fy limite d'élasticité de l'armature,
fct résistance en traction du béton,
n coefficient d'équivalence, n = Es / Ec .
Pour un béton et un acier d'armature conventionnels, ρcr s'élève à environ 0,6 %.
Pour les étriers présentant des taux de ferraillage inférieurs à ρcr, la fissuration est considérée comme non stabilisée et le raidissement en traction est mis en œuvre au moyen du Pull-Out Model (POM) décrit en Fig. 22b. Ce modèle analyse le comportement d'une fissure unique en ne considérant aucune interaction mécanique entre fissures séparées, en négligeant la déformabilité du béton en traction et en supposant la même relation contrainte de cisaillement d'adhérence-glissement en escalier, rigide-parfaitement plastique, utilisée par le TCM. Cela permet d'obtenir la distribution de déformation de l'armature (εs) au voisinage de la fissure pour toute contrainte maximale de l'acier à la fissure (σsr) directement à partir de l'équilibre. Étant donné que l'espacement des fissures est inconnu pour un schéma de fissuration non entièrement développé, la déformation moyenne (εm) est calculée pour tout niveau de charge sur la distance entre les points à glissement nul lorsque la barre d'armature atteint sa résistance en traction (ft) à la fissure (lε,avg en Fig. 22b), ce qui conduit aux relations suivantes :
Les modèles proposés permettent le calcul du comportement de l'armature adhérente, qui est finalement pris en compte dans l'analyse. Ce comportement (incluant le raidissement en traction) pour l'acier d'armature européen le plus courant (B500B, avec ft / fy = 1,08 et εu = 5 %) est illustré en Fig. 22c-d.
4 Vérifications structurelles selon l'Eurocode
L'évaluation de la structure par la CSFM est réalisée au moyen de deux analyses distinctes : l'une pour l'état limite de service, l'autre pour les combinaisons de charges à l'état limite ultime. L'analyse à l'état limite de service suppose que le comportement ultime de l'élément est satisfaisant et que les conditions de plasticité du matériau ne seront pas atteintes aux niveaux de charge de service. Cette approche permet d'utiliser des modèles constitutifs simplifiés (avec une branche linéaire du diagramme contrainte-déformation du béton) pour l'analyse à l'état limite de service, afin d'améliorer la stabilité numérique et la vitesse de calcul.
4.1 Modèles de matériaux (EN)
Béton - ELU
Le modèle de béton implémenté dans la CSFM repose sur les lois constitutives en compression uniaxiale prescrites par l'EN 1992-1-1 pour le calcul des sections transversales, qui ne dépendent que de la résistance en compression. Le diagramme parabole-rectangle spécifié dans l'EN 1992-1-1 § 3.1.7 (1) (Fig. 24a) est utilisé par défaut dans la CSFM, mais les projeteurs peuvent aussi choisir une relation élastique parfaitement plastique plus simplifiée selon l'EN 1992-1-1 § 3.1.7 (2) (Fig. 24b). La résistance en traction est négligée, comme dans le calcul classique du béton armé.
L'implémentation de la CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c.-à-d. qu'après avoir atteint la contrainte maximale, elle considère un palier plastique avec εcu2 (εcu3) de valeur 5 %, alors que l'EN 1992-1-1 retient une déformation ultime inférieure à 0,35 %). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui rompent en compression. Toutefois, leur capacité ultime fcd selon l'EN 1992-1-1 3.1.3 est correctement prédite lorsque, en plus du facteur du béton fissuré (kc2 défini à la (Fig. 25)), l'augmentation de la fragilité du béton avec sa résistance est prise en compte au moyen du coefficient de réduction défini dans le Model Code 2010 de la fib comme suit :
où :
αcc est le coefficient tenant compte des effets à long terme sur la résistance en compression et des effets défavorables résultant de la manière dont la charge est appliquée. Il est conforme à l'EN 1992-1-1 § 3.1.6 (1). La valeur par défaut est 1,0.
kc est le coefficient de réduction global de la résistance en compression
kc2 est le coefficient de réduction dû à la présence de fissuration transversale
fck est la résistance caractéristique du béton sur cylindre (en MPa pour la définition de ).
Béton - ELS
L'analyse à l'état limite de service comporte certaines simplifications des modèles constitutifs utilisés pour l'analyse à l'état limite ultime. Le palier plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est ignoré, tandis que la branche élastique est linéaire et infinie. La loi d'adoucissement en compression n'est pas considérée. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul, et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux en service restent nettement inférieures à leurs points de plastification (comme l'exige l'Eurocode). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés en service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.

Effets à long terme
Dans l'analyse à l'ELS, les effets à long terme du béton sont pris en compte à l'aide d'un coefficient de fluage infini effectif (, pris par défaut égal à 2,5) qui modifie le module d'élasticité sécant du béton (Ecm) selon l'EN 1992-1-1, section 3.1.4 (3) respectivement 7.4.3 (5), comme suit :
Lors de la prise en compte des effets à long terme, un pas de charge comprenant toutes les charges permanentes est d'abord calculé en considérant le coefficient de fluage (c.-à-d. en utilisant le module d'élasticité effectif du béton, Ec,eff), puis les charges additionnelles sont calculées sans le coefficient de fluage (c.-à-d. en utilisant Ecm). De plus, pour effectuer les vérifications à court terme, un autre calcul est réalisé dans lequel toutes les charges sont calculées sans le coefficient de fluage. Les deux calculs pour les vérifications à long terme et à court terme sont représentés à la Fig. 26.
Les coefficients de fluage sont définis par l'utilisateur dans les propriétés du matériau et doivent être calculés selon l'EN 1992-1-1, Fig 3.1.
Ferraillage
Par défaut, le diagramme contrainte-déformation bilinéaire idéalisé des armatures nues défini dans l'EN 1992-1-1, section 3.2.7 (Fig. 27) est considéré. La définition de ce diagramme exige seulement de connaître les propriétés de base du ferraillage lors de la phase de conception (résistance et classe de ductilité). Lorsqu'elle est connue, la relation contrainte-déformation réelle du ferraillage (laminé à chaud, écroui à froid, trempé et autorevenu, …) peut être considérée. Le diagramme contrainte-déformation du ferraillage peut être défini par l'utilisateur, mais dans ce cas, il est impossible de prendre en compte l'effet de raidissement en traction (il est impossible de calculer l'ouverture des fissures). L'utilisation du diagramme contrainte-déformation avec une branche supérieure horizontale ne permet pas de vérifier la durabilité structurelle. Par conséquent, une vérification manuelle des exigences usuelles de ductilité est nécessaire.
Le raidissement en traction (Fig. 28) est pris en compte automatiquement en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de l'armature nue afin de capter la rigidité moyenne des armatures noyées dans le béton (εm).
4.2 Coefficients de sécurité
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible est conforme aux normes de calcul modernes. Comme les modèles de calcul n'utilisent que les propriétés usuelles des matériaux, le format des coefficients partiels de sécurité prescrit par les normes de calcul peut être appliqué sans aucune adaptation. Ainsi, les charges d'entrée sont pondérées et les propriétés caractéristiques des matériaux sont réduites à l'aide des coefficients de sécurité respectifs prescrits par les normes de calcul, exactement comme dans un calcul conventionnel du béton. Les valeurs des coefficients de sécurité des matériaux prescrites dans l'EN 1992-1-1, chap. 2.4.2.4, sont définies par défaut, mais l'utilisateur peut modifier les coefficients de sécurité dans les Paramètres de la norme et du calcul (Fig. 29).

Les coefficients de sécurité des charges doivent être définis par l'utilisateur dans les Règles de combinaison pour chaque combinaison non linéaire de cas de charge (Fig. 30). Pour tous les modèles implémentés dans Idea StatiCa Detail, les coefficients partiels de sécurité sont déjà prédéfinis.

En utilisant des combinaisons de coefficients partiels de sécurité définies de manière appropriée par l'utilisateur, il est également possible de calculer avec la CSFM selon la méthode du facteur global de résistance (Navrátil, et al. 2017), mais cette approche est rarement utilisée dans la pratique de calcul. Certaines recommandations préconisent la méthode du facteur global de résistance pour l'analyse non linéaire. Toutefois, dans les analyses non linéaires simplifiées (telles que la CSFM), qui ne nécessitent que les propriétés des matériaux utilisées dans les calculs manuels conventionnels, il reste préférable d'utiliser le format des coefficients partiels.
4.3 Analyse à l'état limite ultime
Les différentes vérifications exigées par l'EN 1992-1-1 sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications à l'ELU sont effectuées pour la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
La résistance du béton en compression est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale σc = σc2 obtenue par l'analyse par éléments finis et la valeur limite σc,lim = fcd.
La résistance du ferraillage est évaluée en traction et en compression comme le rapport entre la contrainte dans le ferraillage au droit des fissures σsr et la valeur limite spécifiée σs,lim :
où :
fyk est la limite d'élasticité du ferraillage selon l'EN 1992-1-1, § 3.2.3,
k est le rapport entre la résistance en traction ftk et la limite d'élasticité,
γs est le coefficient partiel de sécurité pour le ferraillage
La contrainte de cisaillement d'adhérence est évaluée indépendamment comme le rapport entre la contrainte d'adhérence τb calculée par l'analyse par éléments finis et la résistance ultime d'adhérence fbd, selon l'EN 1992-1-1, chap. 8.4.2 :
où :
fctd est la valeur de calcul de la résistance en traction du béton selon l'EN 1992-1-1, § 3.1.6 (2). En raison de la fragilité croissante des bétons de résistance plus élevée, fctk,0.05 est limitée à la valeur du C60/75 selon l'EN 1992-1-1, § 8.4.2 (2)
η1 est un coefficient lié à la qualité des conditions d'adhérence et à la position de la barre pendant le bétonnage (Fig. 31).
η1 = 1,0 lorsque les conditions d'adhérence sont « bonnes » et
η1 = 0,7 dans tous les autres cas, ainsi que pour les barres dans des éléments structurels réalisés en coffrage glissant, sauf s'il peut être démontré que des conditions d'adhérence « bonnes » existent
η2 est lié au diamètre de la barre :
η2 = 1,0 pour Ø ≤ 32 mm
η2 = (132 - Ø)/100 pour Ø > 32 mm
Dans IDEA StatiCa Detail, les conditions d'adhérence sont prises en compte selon la Fig. 31 c) et d). La direction de bétonnage peut être définie dans l'application pour chaque élément du projet comme suit.

Ces vérifications sont effectuées par rapport aux valeurs limites appropriées pour les parties respectives de la structure (c'est-à-dire que, bien qu'il n'y ait qu'une seule nuance pour le béton et pour le ferraillage, les diagrammes contrainte-déformation finaux diffèrent dans chaque partie de la structure en raison des effets de raidissement en traction et d'adoucissement en compression).
Il est également possible de modéliser des barres lisses. Vous trouverez plus d'informations ici : Barres lisses dans Detail
Effort total Ftot et effort limite Flim
L'effort total Ftot est un résultat de l'analyse par éléments finis et peut être défini de deux manières.
où As est l'aire de la barre d'armature et σs est la contrainte dans la barre.
Ou comme la somme de l' effort d'ancrage Fa et de l' effort d'adhérence Fbond.
où Fa est l'effort réel dans le ressort d'ancrage et Fbond est l'effort d'adhérence, qui peut être obtenu en intégrant la contrainte d'adhérence τb sur la longueur l de la barre d'armature.
Cs est la circonférence de la barre d'armature.
L'effort limite Flim est l'effort maximal dans l'élément de la barre en tenant compte de la résistance ultime de la barre ainsi que des conditions d'ancrage (adhérence entre le béton et le ferraillage, crochets d'ancrage, boucles, etc.).
où Cs est la circonférence de la barre d'armature et l est la longueur depuis le début de la barre jusqu'au point considéré.

où Flim,add est l'effort additionnel calculé à partir de la valeur de l'angle entre les éléments voisins. Flim,2 doit toujours être inférieur à Fu.
Les types d'ancrage disponibles dans la CSFM comprennent la barre droite (c'est-à-dire sans réduction de l'extrémité d'ancrage), le coude, le crochet, la boucle, la barre transversale soudée, l'adhérence parfaite et la barre continue. Tous ces types, ainsi que les coefficients d'ancrage β correspondants, sont présentés à la Fig. 32 pour le ferraillage longitudinal et à la Fig. 33 pour les étriers. Les valeurs des coefficients d'ancrage adoptées sont conformes à l'EN 1992-1-1, section 8.4.4, Tab. 8.2. Il convient de noter que, malgré les différentes options disponibles, la CSFM distingue trois types d'extrémités d'ancrage : (i) aucune réduction de la longueur d'ancrage, (ii) une réduction de 30 % de la longueur d'ancrage dans le cas d'un ancrage normalisé et (iii) l'adhérence parfaite.


Afin de satisfaire aux exigences de l'EN 1992-1-1, le ressort d'ancrage doit être utilisé dans le calcul. Le ressort d'ancrage est modifié par le coefficient β ; l'utilisateur doit donc choisir l'un des types d'ancrage disponibles lors de la définition des conditions de début et de fin du ferraillage.
4.4 Zones partiellement chargées (PLA)
Lors de la conception des structures en béton, on rencontre deux grands groupes de zones partiellement chargées (PLA) : le premier comprend les appuis, tandis que le second est constitué des zones d'ancrage. Selon les normes actuellement en vigueur pour le calcul des structures en béton armé, EN 1992-1-1, chap. 6.7 (Fig. 34), il convient de considérer l'écrasement local du béton et les efforts de traction transversaux pour les zones partiellement chargées. Pour une charge uniformément répartie sur une aire Ac0, la résistance en compression du béton peut être multipliée par trois au maximum, en fonction de l'aire de répartition de calcul Ac1.
La zone partiellement chargée doit être suffisamment armée par un ferraillage transversal dimensionné pour reprendre les efforts d'éclatement qui apparaissent dans cette zone. Pour le calcul du ferraillage transversal dans les zones partiellement chargées, la méthode Bielle-et-tirant est utilisée conformément à l'Eurocode. Sans le ferraillage transversal requis, il n'est pas possible de considérer l'augmentation de la résistance en compression du béton.
Zones partiellement chargées dans la CSFM
Avec la CSFM, il est possible de dimensionner et de vérifier des structures en béton armé en tenant compte de l'influence de l'augmentation de la résistance en compression du béton dans les zones partiellement chargées. La CSFM étant un modèle de type voile (2D) et les zones partiellement chargées relevant d'un problème spatial (3D), il a fallu trouver une solution combinant ces deux types de problèmes (Fig. 35). Si la fonction « zones partiellement chargées » est activée, la géométrie admissible du cône est créée conformément à l'Eurocode (Fig. 34). Toutes les collisions géométriques sont résolues entièrement en 3D pour la géométrie spécifiée de l'élément en béton et les dimensions de chaque PLA. Un modèle de calcul de la zone partiellement chargée est ensuite créé.

La modification du modèle de matériau s'est avérée inadaptée, principalement parce que le transfert des propriétés vers le maillage d'éléments finis pose problème. Il a été établi qu'une approche indépendante du maillage d'éléments finis constitue une solution plus appropriée. Des bielles fictives parfaitement cohérentes sont créées pour la géométrie connue du cône de compression (Fig. 35 et Fig. 37). Ces bielles ont des propriétés matérielles identiques à celles du béton utilisé dans le modèle, y compris le diagramme contrainte-déformation. La forme du cône détermine la direction des bielles, qui répartissent progressivement la charge de la PLA vers l'aire de répartition de calcul. La densité surfacique des bielles fictives varie en chaque point du cône et ajoute une aire de béton fictive dans la direction de la charge. Au niveau de l'aire chargée (Ac0), une aire de béton fictive est ajoutée selon le rapport (où Areal est l'aire de l'appui considérée dans le modèle de calcul 2D), et cette aire diminue linéairement jusqu'à zéro en direction de l'aire de répartition de calcul (Ac1). Cette solution garantit que la contrainte de compression dans le béton est constante sur tout le volume du cône.
La résistance de la zone partiellement chargée est augmentée selon le rapport entre l'aire de répartition de calcul et l'aire chargée défini dans l'EN 1992-1-1 (6.7). Il convient de garder à l'esprit qu'il s'agit d'un modèle de calcul qui ne peut pas décrire précisément l'état de contraintes dans une zone partiellement chargée, dont l'écoulement réel est beaucoup plus complexe. Cependant, cette solution permet une répartition correcte de la charge sur l'ensemble du modèle tout en respectant la capacité portante accrue de la zone partiellement chargée. De plus, elle introduit correctement les contraintes transversales dans cette zone.
Lors de l'utilisation de la fonction « Zones partiellement chargées » pour simuler l'augmentation de la résistance en compression du béton, il est nécessaire d'effectuer la vérification normative séparément selon l'EN 1992-1-1, section 6.7 (2). Les efforts de traction transversaux (efforts de fendage) repris par le ferraillage sont vérifiés automatiquement.
4.5 Analyse à l'état limite de service
Les vérifications aux ELS sont effectuées pour la limitation des contraintes, l'ouverture des fissures et les limites de flèche. Les contraintes sont vérifiées dans le béton et dans les éléments de ferraillage selon l'EN 1992-1-1, de manière similaire à ce qui est spécifié pour les ELU.
Limitation des contraintes
La contrainte de compression dans le béton doit être limitée afin d'éviter les fissures longitudinales. Selon l'EN 1992-1-1 chap. 7.2 (2), des fissures longitudinales peuvent apparaître si le niveau de contrainte sous la combinaison caractéristique des charges dépasse une valeur k1fck. La contrainte de compression dans le béton est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale σc = σc2 obtenue par l'analyse EF pour les états limites de service et la valeur limite σc,lim. Ainsi :
où :
fck résistance caractéristique du béton sur cylindre,
k1 =0,6.
Si la contrainte dans le béton sous les charges quasi permanentes est inférieure à k2fck selon l'EN 1992-1-1 § 7.2(3), le fluage linéaire peut être supposé. Si la contrainte dans le béton dépasse k2fck, le fluage non linéaire doit être pris en compte (voir EN 1992-1-1 § 3.1.4). Dans IDEA StatiCa Detail, seul le fluage linéaire selon l'EN 1992-1-1 § 3.1.4 (3) peut être supposé (voir Modèles de matériaux (EN)).
On peut considérer qu'une fissuration ou une déformation inacceptable est évitée si, sous la combinaison caractéristique des charges, la contrainte de traction dans le ferraillage ne dépasse pas k3fyk (EN 1992-1-1 chap. 7.2 (5)). Le taux de travail du ferraillage est évalué comme le rapport entre la contrainte dans le ferraillage au droit des fissures σs = σsr et la valeur limite spécifiée σs,lim :
où :
fyk limite d'élasticité du ferraillage,
k3 =0,8.
Flèche
Les flèches ne peuvent être évaluées que pour des voiles ou des poutres isostatiques (statiquement déterminées) ou hyperstatiques (statiquement indéterminées). Dans ces cas, la valeur absolue des flèches est considérée (par rapport à l'état initial avant chargement), et la valeur admissible maximale des flèches doit être définie par l'utilisateur. Les flèches aux extrémités tronquées ne peuvent pas être vérifiées, car il s'agit essentiellement de structures instables dont l'équilibre est assuré par l'ajout d'efforts d'extrémité, et les flèches y sont donc irréalistes. La flèche à court terme uz,st ou à long terme uz,lt peut être calculée et comparée à des valeurs limites définies par l'utilisateur :
où :
uz flèche à court ou à long terme calculée par l'analyse EF,
uz,lim valeur limite de la flèche définie par l'utilisateur.
Ouverture des fissures
Les ouvertures et les orientations des fissures sont calculées uniquement pour les effets à long terme (en utilisant Ec,eff) pour les combinaisons dans lesquelles l'évaluation de l'ouverture des fissures est activée. Les vérifications basées sur des valeurs limites spécifiées par l'utilisateur conformément à l'Eurocode sont présentées comme suit :
où :
w ouverture de fissure calculée par l'analyse EF,
wlim valeur limite de l'ouverture de fissure définie par l'utilisateur.
Il existe deux méthodes de calcul de l'ouverture des fissures (fissuration stabilisée et fissuration non stabilisée). Dans le cas général (fissuration stabilisée), l'ouverture des fissures est calculée en intégrant les déformations sur les éléments 1D des barres d'armature. La direction des fissures est ensuite calculée à partir des trois points d'intégration les plus proches (à partir du centre de l'élément fini 1D de ferraillage considéré) des éléments de béton 2D. Bien que cette approche de calcul des directions de fissures ne corresponde pas à la position réelle des fissures, elle fournit néanmoins des valeurs représentatives qui conduisent à des résultats d'ouverture de fissures comparables aux valeurs d'ouverture de fissures exigées par la norme à la position de la barre d'armature.
5 Vérifications structurelles selon l'ACI 318-19
L'évaluation de la structure par la CSFM est réalisée au moyen de deux analyses distinctes : l'une pour l'état limite de service, l'autre pour les combinaisons de charges de résistance. L'analyse à l'état limite de service suppose que le comportement sous charges pondérées est satisfaisant et que les conditions de plasticité du matériau ne seront pas atteintes aux niveaux de charge de service. Cette approche permet d'utiliser des modèles constitutifs simplifiés (avec une branche linéaire du diagramme contrainte-déformation du béton) pour l'analyse à l'état limite de service, afin d'améliorer la stabilité numérique et la vitesse de calcul.
La CSFM est conforme à l'ACI 318-19, chapitre 6.8.1.1. Afin que la CSFM satisfasse aux exigences de la section 6.8.1.2 de l'ACI 318-19, de nombreux essais de vérification ont été réalisés dans diverses universités. Les articles individuels résumant les résultats de la vérification et de la validation sont disponibles au lien suivant.
5.1 Modèles de matériaux (ACI)
Béton - Résistance
Le modèle de béton implémenté pour les calculs de résistance dans CSFM repose sur la courbe contrainte-déformation parabole-palier plastique du béton, basée sur la courbe contrainte-déformation parabolique de la Portland Cement Association décrite dans PCA's Notes on ACI 318-99 Building Code Requirements for Structural Concrete, Figure 6-8. La résistance en traction est négligée, comme dans le calcul classique du béton armé.

L'implémentation de CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c'est-à-dire qu'après avoir atteint la contrainte maximale, elle considère un palier plastique avec εc0 d'une valeur maximale de 5 %, alors que l'ACI 318-19 Cl. 22.2.2.1 suppose une déformation ultime inférieure à 0,3 %). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui ruinent en compression. Cependant, la résistance est correctement prédite lorsque, en plus du facteur de béton fissuré (kc2 défini à la (Fig. 39)), l'augmentation de la fragilité du béton avec l'accroissement de sa résistance est prise en compte au moyen du facteur de réduction défini dans le fib Model Code 2010 comme suit :
où :
α1 est le facteur de réduction de la résistance en compression du béton défini dans l'ACI 318-19 Cl. 22.2.2.4.1. Lors de l'utilisation d'un diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle, il est nécessaire de réduire la contrainte de compression maximale par ce facteur. Cela moyenne la distribution des contraintes dans la zone comprimée de telle sorte que la résistance en compression résultante soit inférieure ou égale à la résistance en compression calculée à l'aide d'un diagramme contrainte-déformation avec une branche plastique décroissante.
Φc est le coefficient de réduction de résistance du béton. La valeur par défaut est définie selon l'ACI 318-19 Table 24.2.1 (b)(f).
kc2 est le facteur de réduction dû à la présence de fissuration transversale.
f'c est la résistance du béton sur cylindre (en MPa pour la définition de ).
kc2 est un facteur de réduction basé sur les mêmes hypothèses que le coefficient de zone nodale βn donné dans l'ACI 318-19 Table 23.9.2, sauf que dans CSFM, la présence d'une contrainte principale de traction perpendiculaire à la contrainte principale de compression est vérifiée pour chaque élément fini (et pas seulement pour les nœuds du modèle Bielle et tirant).
Béton – Aptitude au service
L'analyse en service comporte certaines simplifications des modèles constitutifs utilisés pour l'analyse de résistance. La branche plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est ignorée, tandis que la branche élastique est linéaire et infinie. La loi d'adoucissement en compression n'est pas considérée. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux en service sont nettement inférieures à leurs points de plastification (comme l'exige l'ACI). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés pour le service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.

Effets à long terme
Le comportement à long terme de la structure, tel que les flèches à long terme ou le calcul des largeurs de fissures dues aux charges soutenues, est influencé par le fluage du béton. L'ACI 318-19, au paragraphe 24.2.4.1.3, définit le facteur dépendant du temps pour les charges soutenues – ξ représentant l'effet du fluage pour une durée de charge soutenue spécifiée.
Dans l'application Detail, le module d'élasticité Ec est ajusté afin de déterminer le comportement à long terme de la structure au moyen du facteur ξ. Le module d'élasticité ajusté est noté Ec,eff – voir la Figure 40.
En supposant que la déformation de l'élément est exprimée par la déformation unitaire, on peut écrire que :
où :
ε0 est une déformation à court terme (sans l'influence du fluage) et εcreep est une déformation due au fluage.
En utilisant la loi de Hooke, on peut écrire :
En substituant et , on obtient :
La durée de la charge soutenue pour la détermination du facteur ξ peut être définie individuellement pour chaque combinaison de service à long terme.

Les flèches, contraintes et largeurs de fissures dépendant du temps sont alors calculées avec un modèle de matériau modifié, dans lequel l'effet du raffinement en compression est pris en compte automatiquement du fait de la nature de l'analyse par éléments finis. Il n'est donc pas nécessaire de les multiplier en plus par le facteur défini à l'article 24.2.4.1.1.
Effets à court terme
Pour effectuer les vérifications à court terme, un autre calcul est réalisé, dans lequel toutes les charges sont calculées sans le facteur dépendant du temps pour les charges soutenues. Les deux calculs, pour les vérifications à long terme et à court terme, sont représentés sur la Fig. 40.
Ferraillage
Un diagramme contrainte-déformation parfaitement élasto-plastique avec une limite d'élasticité définie est considéré pour le ferraillage non précontraint, voir ACI 319-19 CL. 20.2.1. La définition de ce diagramme nécessite uniquement la connaissance des propriétés de base du ferraillage – la résistance et le module d'élasticité.
Le diagramme contrainte-déformation du ferraillage peut également être défini par l'utilisateur, mais dans ce cas, il est impossible de prendre en compte l'effet de raidissement en traction (il est impossible de calculer la largeur de fissure).

où :
Φs est le coefficient de réduction de résistance du ferraillage. La valeur par défaut est définie selon l'ACI 318-19 Table 24.2.1.
fy est la limite d'élasticité du ferraillage
Es est le module d'élasticité du ferraillage
10 % est retenu comme déformation limite à laquelle le calcul est arrêté. Cette valeur est considérée comme sûre d'après l'ASTM A955/A955M-20c Article 7.
Le raidissement en traction (Fig. 43) est pris en compte automatiquement en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de la barre d'armature nue, afin de représenter la rigidité moyenne des barres noyées dans le béton (εm).

5.2 Réduction de résistance et coefficients de charge
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible est conforme aux normes de calcul modernes. Les modèles de calcul n'utilisant que les propriétés usuelles des matériaux, le format des coefficients partiels de sécurité prescrit par les normes de calcul peut être appliqué sans aucune adaptation. Ainsi, les charges d'entrée sont pondérées et les propriétés caractéristiques des matériaux sont réduites à l'aide des coefficients de réduction de résistance correspondants, exactement comme dans une analyse conventionnelle du béton.
Les valeurs des coefficients de réduction de résistance sont prescrites dans l'ACI 318-19 Cl. 21.2. Les valeurs par défaut pour le béton et le ferraillage sont choisies en supposant que l'exemple typique traité dans l'application est dimensionné par le cisaillement (selon le Tableau 21.2.1 (b), (f), (g)). Il est toutefois possible de modéliser n'importe quel type d'élément. Par conséquent, si un élément contrôlé par la compression ou par la traction est vérifié, l'utilisateur a la possibilité de modifier la valeur du coefficient de réduction de résistance dans les Préférences.

Les coefficients de charge pour les combinaisons de résistance doivent être définis conformément au Tableau 5.3.1 de l'ACI 318-19.
Sauf indication contraire du Chapitre 34, les combinaisons de charges de service ne sont pas définies dans l'ACI 318-19. Il est recommandé d'utiliser les règles de combinaison basées sur l'Annexe C de l'ASCE/SEI 7-16. Pour tous les modèles, les coefficients de charge sont déjà prédéfinis.

5.3 Vérifications de résistance
Les différentes vérifications requises par l'ACI 318-19 sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications portent sur la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
La résistance du béton en compression est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale maximale de compression fc (également σ2 dans les résultats auxiliaires), obtenue par l'analyse par éléments finis, et la valeur limite f'c,lim.
La résistance du ferraillage est évaluée en traction et en compression comme le rapport entre la contrainte dans le ferraillage au droit des fissures fs et la valeur limite spécifiée fy,lim.
La contrainte de cisaillement d'adhérence est évaluée indépendamment comme le rapport entre la contrainte d'adhérence τb calculée par l'analyse par éléments finis et la résistance d'adhérence fbu.
Cependant, la norme ACI ne traite pas explicitement la résistance d'adhérence, mais s'appuie sur le calcul de la longueur de développement, décrit à la section 25.4.2. La résistance d'adhérence étant un paramètre d'entrée fondamental pour déterminer la longueur de développement (voir R25.4.1.1 et ACI Committee 408 1966), elle peut être calculée comme suit :
Supposons qu'une barre de ferraillage soit ancrée dans un bloc de béton sur une longueur égale ou supérieure à la longueur de développement ld. L'arrachement du ferraillage conduit alors à la rupture de la barre et non à l'arrachement du béton. Cela s'écrit avec la formule suivante.
où :
db est le diamètre de la barre de ferraillage, ld est la longueur de développement, fbu est la résistance d'adhérence, fy est la limite d'élasticité du ferraillage et As est l'aire de la barre d'armature.
De ce qui précède, la formule de calcul de la résistance d'adhérence se déduit aisément :
La longueur de développement ld est ensuite déterminée selon le Tableau 25.4.2.3 de l'ACI 318-19 comme suit :
où :
C = 25 (2,1 en unités métriques) pour les barres de no. 6 et plus petites et les fils déformés, C = 20 (1,7 en unités métriques) pour les barres de no. 7 et plus grandes, λ = 1,0 pour un béton de masse volumique normale, ψt, ψe, ψg sont déterminés selon le Tableau 25.4.2.3 de l'ACI 318-19.
Seul le ferraillage non revêtu ou revêtu de zinc (galvanisé) est pris en charge, donc ψe = 1,0. ψg est déterminé automatiquement à partir de la nuance du ferraillage, et ψt est déduit automatiquement de la position du ferraillage dans le modèle et de la direction de bétonnage, qui peut être définie dans l'application pour chaque élément du projet comme suit.

Ces vérifications sont effectuées par rapport aux valeurs limites appropriées pour les parties respectives de la structure (c'est-à-dire que, bien qu'il n'y ait qu'une seule nuance pour le béton et pour le ferraillage, les diagrammes contrainte-déformation finaux diffèrent dans chaque partie de la structure en raison des effets de raidissement en traction et d'adoucissement en compression).
Il est également possible de modéliser des barres lisses. Plus d'informations sont disponibles ici : Barres lisses dans Detail
Effort total Ftot et effort limite Flim
L'effort total Ftot est un résultat de l'analyse par éléments finis et peut être défini de deux manières.
où As est l'aire de la barre de ferraillage et fs est la contrainte dans la barre.
Ou comme la somme de l'effort d'ancrage Fa et de l'effort d'adhérence Fbond.
où Fa est l'effort réel dans le ressort d'ancrage et Fbond est l'effort d'adhérence, qui peut être obtenu en intégrant la contrainte d'adhérence τb sur la longueur de la barre de ferraillage l.
Cs est la circonférence de la barre de ferraillage.
L'effort limite Flim est l'effort maximal dans l'élément de la barre d'armature, compte tenu de la résistance de la barre ainsi que des conditions d'ancrage (adhérence entre le béton et le ferraillage, crochets d'ancrage, boucles, etc.).
où Cs est la circonférence de la barre de ferraillage et l est la longueur depuis le début de la barre d'armature jusqu'au point considéré.

où Flim,add est l'effort supplémentaire calculé à partir de la valeur de l'angle entre les éléments voisins. Flim,2 doit toujours être inférieur à Fu.
Les types d'ancrage disponibles dans la CSFM comprennent la barre droite (c'est-à-dire sans réduction de l'extrémité d'ancrage), le crochet à 90 degrés, le crochet à 180 degrés, l'adhérence parfaite et la barre continue. Tous ces types, ainsi que les coefficients d'ancrage β correspondants, sont présentés à la Fig. 48 pour le ferraillage longitudinal. Les valeurs des coefficients d'ancrage adoptés sont dérivées de la comparaison de l'équation de la section ACI 318-19 25.4.3.1 et des équations tirées de la section ACI 318-19 25.4.2.3. Il convient de noter que, malgré les différentes options disponibles, la CSFM distingue trois types d'extrémités d'ancrage : (i) aucune réduction de la longueur d'ancrage, (ii) une réduction de 30 % de la longueur d'ancrage dans le cas d'un ancrage normalisé, et (iii) l'adhérence parfaite.

Le coefficient d'ancrage pour les étriers est toujours β = 1,0.
Pour respecter l'ACI, le ressort d'ancrage doit être utilisé dans le calcul. Le ressort d'ancrage est modifié par le coefficient β ; l'utilisateur doit donc choisir l'un des types d'ancrage disponibles lors de la définition des conditions de début et de fin du ferraillage.
5.4 Zones d'appui et d'ancrage – Zones partiellement chargées
Lors du calcul des structures en béton, on rencontre deux grands groupes de zones partiellement chargées (PLA) : le premier comprend les appuis, tandis que le second est constitué des zones d'ancrage.
Selon les normes actuellement en vigueur pour le calcul des structures en béton armé, ACI 318-19, chap. 22.8, l'écrasement local du béton et les efforts de traction transversaux doivent être pris en compte pour les appuis. Pour une charge uniformément répartie sur une aire Ac1, la résistance en compression du béton peut être majorée jusqu'à deux fois en fonction de l'aire de répartition de calcul Ac2. Voir le tableau 22.8.3.2 de l'ACI 318-19.

Pour les zones d'ancrage en post-tension, il convient de suivre l'ACI 318-19, chap. 25.9.
La zone partiellement chargée doit être suffisamment armée par un ferraillage transversal dimensionné pour transmettre les efforts de fendage qui apparaissent dans cette zone. Sans le ferraillage transversal requis, il n'est pas possible de considérer l'augmentation de la résistance en compression du béton.
Zones partiellement chargées dans la CSFM
Avec la CSFM, il est possible de dimensionner et de vérifier des structures en béton armé en tenant compte de l'influence de l'augmentation de la résistance en compression du béton dans les zones partiellement chargées. La CSFM étant un modèle de type voile (2D) et les zones partiellement chargées relevant d'un problème spatial (3D), il a fallu trouver une solution combinant ces deux types de problèmes (Fig. 50). Si la fonction « zones partiellement chargées » est activée, la géométrie du cône admissible est créée conformément à l'ACI (Fig. 49). Toutes les collisions géométriques sont résolues entièrement en 3D pour la géométrie de l'élément en béton spécifiée et les dimensions de chaque PLA. Ensuite, un modèle de calcul de la zone partiellement chargée est créé.

La modification du modèle de matériau s'est avérée une approche inadaptée, principalement parce que le transfert des propriétés vers le maillage d'éléments finis pose problème. Il a été établi qu'une approche indépendante du maillage d'éléments finis constitue une solution plus appropriée. Des bielles fictives parfaitement cohérentes sont créées pour la géométrie connue du cône de compression (Fig. 51 et Fig. 52). Ces bielles ont des propriétés de matériau identiques à celles du béton utilisé dans le modèle, y compris le diagramme contrainte-déformation. La forme du cône détermine la direction des bielles, qui répartissent progressivement la charge de la PLA jusqu'à l'aire de répartition de calcul. La densité surfacique des bielles fictives varie en chaque point du cône et ajoute une aire de béton fictive dans la direction de la charge. Au niveau de l'aire chargée (Ac1), une aire fictive de béton est ajoutée selon le rapport (où Areal est l'aire de l'appui supposée dans le modèle de calcul 2D), et cette aire diminue linéairement jusqu'à zéro vers l'aire de répartition de calcul (Ac2). Cette solution garantit que la contrainte de compression dans le béton est constante sur tout le volume du cône.

La résistance de la zone partiellement chargée est augmentée selon le rapport entre l'aire de répartition de calcul et l'aire chargée, défini dans l'ACI 318-19, chap. 22.8. Il convient de garder à l'esprit qu'il s'agit d'un modèle de calcul qui ne peut pas décrire précisément l'état de contrainte dans une zone partiellement chargée, dont l'écoulement réel des efforts est beaucoup plus complexe. Cette solution permet toutefois une répartition correcte de la charge sur l'ensemble du modèle, tout en respectant la capacité portante accrue de la zone partiellement chargée. De plus, elle introduit correctement les contraintes transversales dans cette zone, afin de dimensionner correctement le ferraillage vis-à-vis des efforts de fendage.
La contrainte d'appui admissible de 0.85fc' est donnée dans le tableau 22.8.3.2. La densité est limitée de sorte que la résistance maximale doublée, donnée par la formule du tableau 22.8.3.2(b), ne soit pas dépassée.
Pour les zones d'ancrage, la PLA est utilisée dans l'application de la même manière que pour les appuis. C'est pourquoi les zones locales définies au chapitre 25.9 de l'ACI 318-19 doivent être vérifiées manuellement selon l'ACI 318-19, 25.9.3. La PLA sert donc uniquement à éviter le dépassement du critère de déformation dans la zone locale et, ainsi, l'arrêt prématuré du calcul. En revanche, selon l'ACI 318-19, art. 25.9.4.3.1 (b), le ferraillage résistant aux contraintes d'éclatement et d'écaillage dans le plan peut être directement et avantageusement vérifié dans l'application.
5.5 Vérifications de l'aptitude au service
Les vérifications de l'aptitude au service portent sur la limitation des contraintes, l'ouverture des fissures et les limites de flèche. Les contraintes sont vérifiées dans le béton et dans les éléments de ferraillage selon l'ACI 318-19, de manière similaire à celle prescrite pour la résistance.
Limitation des contraintes
Les contraintes de compression admissibles du béton sous charges de service doivent être vérifiées pour les éléments précontraints des classes U et T. Selon le Tableau R24.5.2.1, aucune vérification de limitation des contraintes n'est requise pour un béton supposé fissuré. L'utilisateur doit définir la classe de l'élément précontraint dans les paramètres de l'élément de calcul.

La contrainte de compression admissible pour les éléments soumis à des charges transitoires est spécifiée par l'ACI 318-19 24.5.4.1 comme 0,6fc'. La limite de contrainte de compression de 0,45fc' a été établie afin de réduire la probabilité de rupture des éléments en béton précontraint sous charges répétées. Cette limite semblait également raisonnable pour prévenir une déformation de fluage excessive. Pour des niveaux de contrainte plus élevés, les déformations de fluage tendent à augmenter plus rapidement à mesure que la contrainte appliquée croît.
La contrainte de compression du béton est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc = σc2 obtenue par l'analyse par éléments finis à l'état de service et la valeur limite, définie selon le Tableau 24.5.4.1.

Dans l'application, Précontrainte plus charge permanente est traitée comme une combinaison à long terme, et Précontrainte plus charge totale comme une combinaison à court terme.
Flèche
Selon le type de combinaison sélectionné (long terme ou court terme), c'est la flèche à long terme ou à court terme qui est évaluée. La valeur maximale admissible de la flèche doit être déterminée par l'utilisateur et prise en compte conformément à l'ACI 138-19 24.2.

Dans l'application, il est possible d'afficher séparément les flèches dues aux charges permanentes ΔDL et aux charges d'exploitation ΔLL, ainsi que la flèche totale ΔTot (permanentes+exploitation), tout en affichant la déformée.
Les flèches aux extrémités coupées ne peuvent pas être vérifiées.
Ouverture des fissures
Les ouvertures et les orientations des fissures sont calculées pour les combinaisons de service à court terme ou à long terme. Comme l'ACI ne prescrit pas directement de limites d'ouverture des fissures, l'utilisateur doit spécifier une ouverture limite de fissure wlim.
Les vérifications sont présentées comme suit :
où :
w ouverture de fissure à court ou à long terme calculée par l'analyse par éléments finis,
wlim valeur limite de l'ouverture de fissure définie par l'utilisateur.
La méthode de calcul des ouvertures de fissures utilisée dans l'application, décrite plus en détail dans ce document, est conforme à l'ACI 224R-01. Il est donc possible d'utiliser le Tableau 4.1 de l'ACI 224R-01 pour déterminer la valeur limite des ouvertures de fissures.

Il existe deux manières de calculer les ouvertures de fissures (fissuration stabilisée et non stabilisée). Dans le cas général (fissuration stabilisée), l'ouverture de fissure est calculée en intégrant les déformations sur les éléments 1D des barres de ferraillage. La direction de la fissure est ensuite calculée à partir des trois points d'intégration les plus proches des éléments de béton 2D (depuis le centre de l'élément fini 1D de ferraillage considéré). Bien que cette approche de calcul des directions de fissures ne corresponde pas à la position réelle des fissures, elle fournit néanmoins des valeurs représentatives, qui conduisent à des ouvertures de fissures comparables aux valeurs requises par la norme à la position de la barre de ferraillage.
6 Vérifications structurelles selon l'AASHTO
6.1 Modèles de matériaux (AASHTO)
Béton - Résistance
Le modèle de béton implémenté pour les calculs de résistance dans la CSFM repose sur les hypothèses de calcul à la résistance de l'AASHTO LRFD, à savoir l'équilibre et la compatibilité des déformations. Conformément à l'article 5.6.2.1 de l'AASHTO LRFD (2024), la résistance à la traction du béton est négligée.

L'implémentation de la CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c'est-à-dire qu'après avoir atteint la contrainte maximale, elle considère une branche plastique avec εc0 d'une valeur maximale de 5 %, alors que l'article 5.6.2.1 de l'AASHTO LRFD (2024) suppose une déformation ultime inférieure à 0,3 %). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui atteignent la ruine en compression. Toutefois, la résistance est correctement prédite lorsque, en plus du facteur de béton fissuré (kc2 défini à la (Fig. 57)), l'augmentation de la fragilité du béton avec l'accroissement de sa résistance est prise en compte au moyen du facteur de réduction défini dans le fib Model Code 2010 comme suit :
où :
α1 est le facteur de réduction de la résistance en compression du béton défini à l'article 5.6.2.2 de l'AASHTO LRFD (2024). Lorsqu'un diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle est utilisé, il est nécessaire de réduire la contrainte maximale de compression par ce facteur. Cela permet de moyenner la distribution des contraintes dans la zone comprimée de telle sorte que la résistance en compression obtenue soit inférieure ou égale à la résistance en compression calculée à l'aide d'un diagramme contrainte-déformation avec une branche plastique décroissante.
Φc est le facteur de résistance du béton. La valeur par défaut est définie selon l'article 5.5.4.2 de l'AASHTO LRFD (2024).
kc2 est le facteur de réduction dû à la présence de fissuration transversale.
f'c est la résistance du béton sur éprouvette cylindrique (en MPa pour la définition de ).
kc2 est un facteur de réduction fondé sur les mêmes hypothèses que le facteur d'efficacité du béton ν donné à l'article 5.8.2.5.3a et dans le Tableau 5.8.2.5.3a-1 de l'AASHTO LRFD (2024), à ceci près que, dans la CSFM, la présence d'une contrainte principale de traction perpendiculaire à la contrainte principale de compression est vérifiée pour chaque élément fini (et pas seulement pour les nœuds du modèle Bielle et tirant).
Béton – Service
L'analyse de service comporte certaines simplifications des modèles constitutifs utilisés pour l'analyse de résistance. La branche plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est ignorée, tandis que la branche élastique est linéaire et illimitée. La loi d'adoucissement en compression n'est pas considérée. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul, et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux à l'état de service restent nettement inférieures à leurs limites d'élasticité (conformément à l'approche de l'état limite de service de l'AASHTO LRFD). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés pour le service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.

Effets à long terme
La loi constitutive à long terme (la courbe rouge de la Fig. 59) est utilisée pour le calcul de l'ouverture des fissures, de la flèche totale et de la limitation des contraintes des éléments précontraints lorsque l'effet à long terme est sélectionné dans le ruban supérieur. Dans l'application IDEA StatiCa Detail, le module d'élasticité effectif est utilisé pour la vérification des effets à long terme, comme mentionné dans l'AASHTO LRFD (2024) C5.12.5.3.6-1.
où :
Ec est le module d'élasticité défini à l'article 5.4.2.4 de l'AASHTO LRFD (2024)
ψ est le coefficient de fluage défini à l'article 5.4.2.3.2 de l'AASHTO LRFD (2024)
Les coefficients de fluage sont définis par l'utilisateur dans les propriétés du matériau.
Effets à court terme
Pour effectuer les vérifications à court terme, un autre calcul est réalisé dans lequel toutes les charges sont calculées sans le coefficient de fluage. Les deux calculs, pour les vérifications à long terme et à court terme, sont représentés à la Fig. 59.
Ferraillage
Un diagramme contrainte-déformation parfaitement élasto-plastique avec une limite d'élasticité définie est considéré pour le ferraillage non précontraint, voir l'article 5.4.3 de l'AASHTO LRFD (2024). La définition de ce diagramme nécessite uniquement de connaître les propriétés de base du ferraillage : la résistance et le module d'élasticité.
Le diagramme contrainte-déformation du ferraillage peut également être défini par l'utilisateur, mais dans ce cas, il est impossible de prendre en compte l'effet de raidissement en traction (il est impossible de calculer l'ouverture des fissures).

où :
Φs est le facteur de résistance du ferraillage. La valeur par défaut est définie selon l'article 5.5.4.2 de l'AASHTO LRFD (2024).
fy est la limite d'élasticité du ferraillage
Es est le module d'élasticité du ferraillage
Une valeur de 10 % est retenue comme déformation limite à laquelle le calcul est arrêté. Cette valeur est considérée comme sûre d'après l'article 7 de l'ASTM A955/A955M-20c.
Le raidissement en traction (Fig. 61) est pris en compte automatiquement en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de l'armature nue afin de représenter la raideur moyenne des barres noyées dans le béton (εm).

6.2 Coefficients de résistance et de charge
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible est conforme aux normes de calcul modernes. Comme les modèles de calcul n'utilisent que les propriétés standard des matériaux, le format des coefficients partiels de sécurité prescrit par les normes de calcul peut être appliqué sans aucune adaptation. De cette manière, les charges d'entrée sont pondérées et les propriétés caractéristiques des matériaux sont réduites à l'aide des coefficients de résistance correspondants, exactement comme dans l'analyse conventionnelle du béton.
Les valeurs des coefficients de résistance sont prescrites dans l'article 5.5.4 de l'AASHTO LRFD (2024). Les valeurs par défaut pour le béton et le ferraillage sont choisies de manière conservatrice, en partant du principe que l'exemple type traité est une région D, cas typique pour la méthode SaT. Il est toutefois possible de modéliser n'importe quel type d'élément. Par conséquent, si un élément contrôlé en compression ou en traction est vérifié, l'utilisateur a la possibilité de modifier la valeur du coefficient de réduction de résistance dans les Préférences.

Les coefficients de charge et les combinaisons de charges doivent être définis conformément aux AASHTO LRFD Bridge Design Specifications (2024), article 3.4.1 et tableaux 3.4.1-1 à 3.4.1-6. L'AASHTO LRFD spécifie explicitement les combinaisons de charges à l'état limite de résistance (Strength I à Strength V) ainsi que les combinaisons de charges au niveau de service (Service I à Service IV), y compris les coefficients de charge correspondants pour chaque cas.
Pour chaque modèle, le programme inclut des combinaisons de base prédéfinies qui doivent être complétées en fonction de l'élément traité.

6.3 État limite de résistance
Les différentes vérifications exigées par l'AASHTO sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications portent sur la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
La résistance du béton en compression est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc (également σ2 dans les résultats auxiliaires) obtenue par l'analyse EF et la valeur limite f'c,lim.
La résistance du ferraillage est évaluée en traction et en compression comme le rapport entre la contrainte dans le ferraillage au droit des fissures fs et la valeur limite spécifiée fy,lim.
La contrainte de cisaillement d'adhérence est évaluée indépendamment comme le rapport entre la contrainte d'adhérence τb calculée par l'analyse EF et la résistance d'adhérence fbu.
Cependant, comme la résistance d'adhérence n'est pas définie explicitement dans l'AASHTO, sa valeur doit être déterminée à l'aide des équations qui définissent la longueur de développement. La résistance d'adhérence est en effet la donnée d'entrée principale pour déterminer la longueur de développement ; voir par exemple l'article AASHTO LRFD (2024) Article C5.10.8.2 ou le NCHRP Report 733, Attachment E, page E-9.
Le calcul décrit dans AASHTO LRFD (2024) Article 5.10.8.2.1 et 5.10.8.2.2 nécessite de connaître l'espacement maximal entre axes du ferraillage transversal sur ld, le nombre de barres ou de fils développés le long du plan de fendage, l'aire totale de la section de tout le ferraillage transversal, ainsi que d'autres grandeurs géométriques qui ne peuvent pas être déterminées de manière fiable dans le modèle de l'application Detail pour une saisie générale. Une approche tirée de AASHTO LRFD (2014) Article 5.11.2.1.1 a donc été adoptée de la manière suivante :
Supposons que, si l'on ancre une barre de ferraillage dans un bloc de béton sur une longueur de développement ld ou plus, l'arrachement de la barre conduit à la rupture du ferraillage et non à son arrachement du béton. Cela peut s'écrire avec la formule suivante.
où :
- db est le diamètre de la barre de ferraillage
- ld est la longueur de développement
- fbu est la résistance d'adhérence
- fy est la limite d'élasticité du ferraillage
- Ab est l'aire de la barre de ferraillage
De ce qui précède, la formule de calcul de la résistance d'adhérence peut être facilement déduite.
La longueur de développement de base en traction ldb est déterminée dans AASHTO LRFD (2014) Article 5.11.2.1.1 comme suit :
Pour les barres No. 11 et plus petites :
Pour les barres No. 14 :
Pour les barres No. 18 :
où :
- Ab est l'aire de la barre de ferraillage (in2)
- fy est la limite d'élasticité spécifiée du ferraillage (ksi)
- f'c est la résistance en compression spécifiée du béton à 28 jours, sauf si un autre âge est spécifié (ksi)
- db est le diamètre de la barre de ferraillage (in)
Ensuite, en multipliant la longueur de développement de base ldb par les facteurs décrits dans AASHTO LRFD (2014) Article 5.11.2.1.2 et 5.11.2.1.3, on détermine la longueur de développement ld utilisée comme donnée d'entrée.
Les facteurs de modification qui réduisent la longueur de développement selon 5.11.2.1.3 sont toujours égaux à 1,0 dans l'application. Le facteur de modification pour le ferraillage horizontal ou quasi horizontal en partie supérieure est égal à 1,4 pour des conditions d'adhérence « médiocres », conformément à la figure suivante :

Le sens de bétonnage peut être défini dans l'application.

Tous les autres facteurs déterminés dans 5.11.2.1.2 sont égaux à 1,0, car seuls le béton de masse volumique normale et le ferraillage non revêtu sont pris en charge.
La contrainte de cisaillement d'adhérence et la résistance d'adhérence des barres en compression sont calculées de manière analogue à celles des barres en traction, mais en utilisant les équations de AASHTO LRFD (2014) Article 5.11.2.2.
Il est également possible de modéliser des barres lisses. Pour plus d'informations, voir : Barres lisses dans Detail
Effort total Ftot et effort limite Flim
L'effort total Ftot est un résultat de l'analyse par éléments finis et peut être défini de deux manières.
où Ab est l'aire de la barre de ferraillage et fs est la contrainte dans la barre.
Ou comme la somme de l' effort d'ancrage Fa et de l' effort d'adhérence Fbond.
où Fa est l'effort réel dans le ressort d'ancrage et Fbond est l'effort d'adhérence, qui peut être obtenu en intégrant la contrainte d'adhérence τb sur la longueur l de la barre de ferraillage.
Cs est le périmètre de la barre de ferraillage.
L'effort limite Flim est l'effort maximal dans l'élément de la barre de ferraillage, compte tenu de la résistance de la barre ainsi que des conditions d'ancrage (adhérence entre le béton et le ferraillage, crochets d'ancrage, boucles, etc.).
où Cs est le périmètre de la barre de ferraillage et l est la longueur entre le début de la barre et le point considéré.

où Flim,add est l'effort additionnel calculé à partir de l'angle entre éléments voisins. Flim,2 doit toujours rester inférieur à Fu.
Les types d'ancrage disponibles dans CSFM comprennent la barre droite (c'est-à-dire sans réduction de l'extrémité d'ancrage), le crochet à 90 degrés, le crochet à 180 degrés, l'adhérence parfaite et la barre continue. Tous ces types, ainsi que les coefficients d'ancrage β correspondants, sont présentés à la Fig. 67 pour le ferraillage longitudinal. Les valeurs des coefficients d'ancrage adoptés sont déduites de la comparaison de l'équation de la section AASHTO LRFD (2014) 5.11.2.1 avec les équations de la section AASHTO LRFD (2014) 5.11.2.4.1. Il convient de noter que, malgré les différentes options disponibles, CSFM distingue trois types d'extrémités d'ancrage : (i) aucune réduction de la longueur d'ancrage, (ii) une réduction de 30 % de la longueur d'ancrage dans le cas d'un ancrage normalisé, et (iii) l'adhérence parfaite.

Le coefficient d'ancrage pour les étriers (disponible pour les éléments de type poutre) est toujours β = 1,0.
Pour respecter l'AASHTO, le ressort d'ancrage doit être utilisé dans le calcul. Le ressort d'ancrage est modifié par le coefficient β ; l'utilisateur doit donc choisir l'un des types d'ancrage disponibles lors de la définition des conditions de début et de fin du ferraillage.
6.4 Résistance des zones d'appui et d'ancrage – Zones partiellement chargées
Lors de la conception des structures en béton, on rencontre deux grands groupes de zones partiellement chargées (PLA) : le premier comprend les appuis, tandis que le second est constitué des zones d'ancrage.
Selon les normes actuellement en vigueur pour le calcul des structures en béton armé, l'écrasement local du béton et les efforts de traction transversaux doivent être pris en compte pour les appuis. Pour une charge uniformément répartie sur une surface A1, la résistance en compression du béton peut être majorée jusqu'à deux fois, en fonction de la surface de répartition de calcul A2. Voir l'article 5.6.5 de l'AASHTO LRFD (2024).

Pour les zones d'ancrage en post-tension, il convient de suivre l'article 5.8.4.4 de l'AASHTO LRFD (2024).
La zone partiellement chargée doit être suffisamment renforcée par un ferraillage transversal dimensionné pour transmettre les efforts de fendage qui apparaissent dans cette zone. Sans le ferraillage transversal requis, il n'est pas possible de considérer une augmentation de la résistance en compression du béton.
Zones partiellement chargées dans la CSFM
Avec la CSFM, il est possible de dimensionner et de vérifier des structures en béton armé en tenant compte de l'influence de l'augmentation de la résistance en compression du béton dans les zones partiellement chargées. La CSFM étant un modèle de type voile (2D) et les zones partiellement chargées relevant d'un problème spatial (3D), il a fallu trouver une solution combinant ces deux types de problèmes différents (Fig. 69). Si la fonction « zones partiellement chargées » est activée, la géométrie du cône admissible est créée selon l'ACI (Fig. 68). Toutes les collisions géométriques sont résolues entièrement en 3D pour la géométrie spécifiée de l'élément en béton et les dimensions de chaque PLA. Ensuite, un modèle de calcul de la zone partiellement chargée est créé.

La modification du modèle de matériau s'est avérée être une approche inadaptée, principalement parce que le report des propriétés sur le maillage éléments finis pose problème. Il a été établi qu'une approche indépendante du maillage éléments finis constitue une solution plus appropriée. Des bielles fictives parfaitement cohérentes sont créées pour la géométrie connue du cône de compression (Fig. 70 et Fig. 71). Ces bielles ont des propriétés matérielles identiques à celles du béton utilisé dans le modèle, y compris le diagramme contrainte-déformation. La forme du cône détermine la direction des bielles, qui répartissent progressivement la charge de la PLA vers la surface de répartition de calcul. La densité surfacique des bielles fictives varie en chaque point du cône et ajoute une surface de béton fictive dans la direction de la charge. Au niveau de la surface chargée (A1), une surface de béton fictive est ajoutée selon le rapport (où Areal est la surface de l'appui supposée dans le modèle de calcul 2D), et cette surface diminue linéairement jusqu'à zéro en direction de la surface de répartition de calcul (A2). Cette solution garantit que la contrainte de compression dans le béton est constante sur tout le volume du cône.

La résistance de la zone partiellement chargée est majorée selon le rapport entre la surface de répartition de calcul et la surface chargée, défini à l'article 5.6.5 de l'AASHTO LRFD (2024). Il convient de garder à l'esprit qu'il s'agit d'un modèle de calcul qui ne peut pas décrire précisément l'état de contrainte dans une zone partiellement chargée, dont l'écoulement réel est beaucoup plus complexe. Toutefois, cette solution permet une répartition correcte de la charge sur l'ensemble du modèle tout en respectant la capacité portante accrue de la zone partiellement chargée. De plus, elle introduit correctement les contraintes transversales dans cette zone afin de dimensionner correctement le ferraillage vis-à-vis des efforts de fendage.
La contrainte d'appui admissible de 0,85fc' est indiquée à l'article 5.8.4.4 de l'AASHTO LRFD (2024). La densité est limitée de sorte que la résistance maximale doublée, donnée par la formule 5.6.5-3, ne soit pas dépassée.
Pour les zones d'ancrage, la PLA est utilisée dans l'application de la même manière que pour les appuis. C'est pourquoi les contraintes de compression dans les zones locales et globales définies aux articles 5.8.4.4 et 5.8.4.5 doivent être vérifiées manuellement. La PLA est donc uniquement utilisée pour éviter de dépasser le critère de déformation dans la zone locale et d'interrompre ainsi prématurément le calcul. En revanche, le ferraillage résistant aux contraintes d'éclatement, d'écaillage dans le plan et de traction de rive dans les zones générales (définies à l'article 5.8.4.5) peut être vérifié directement et avantageusement dans l'application.
6.5 État limite de service
Les vérifications à l'état limite de service sont effectuées pour la limitation des contraintes, l'ouverture des fissures et les limites de flèche. Les contraintes sont vérifiées dans le béton et dans les éléments de ferraillage selon l'AASHTO LRFD, de manière similaire à celle prescrite pour la résistance.
Limitation des contraintes
La contrainte de compression dans le béton est évaluée uniquement pour les éléments précontraints (lorsque le cas de charge de précontrainte est présent dans le modèle), sous la forme du rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc = σc2 obtenue par l'analyse par éléments finis à l'état de service et les valeurs limites, définies d'après le Tableau 5.9.2.3.2a-1 de l'AASHTO LRFD.

Dans l'application, Précontrainte plus charge permanente est traitée comme une charge soutenue (Sustain), et Précontrainte, charge permanente et charge transitoire comme une charge totale (Total).

De plus, il est toujours possible d'effectuer une analyse pour les effets à court terme comme à long terme, en utilisant des modèles de matériaux qui tiennent compte ou non du coefficient de fluage — voir la section « Modèles de matériaux (AASHTO) ».

Flèche
Les flèches instantanées et les flèches totales sont évaluées pour chaque combinaison pour laquelle l'évaluation de la flèche est activée.
- Pour les flèches instantanées, le module d'élasticité Ec selon l'article 5.4.2.4 de l'AASHTO LRFD (2024) est utilisé.
- Pour les flèches totales, le module d'élasticité effectif Ec,eff selon l'article C5.12.5.3.6 de l'AASHTO LRFD (2024) est utilisé.
Voir le chapitre 'Modèles de matériaux (AASHTO) - Béton – État limite de service' dans le présent document.
La vérification de la flèche elle-même est activée dans le ruban supérieur. L'utilisateur définit les valeurs limites de flèche selon l'article 2.5.2.6.2 de l'AASHTO LRFD (2024), en fonction du type d'élément analysé.

Les flèches aux extrémités recoupées ne peuvent pas être vérifiées.
Ouverture des fissures
Les ouvertures et les orientations des fissures sont calculées uniquement pour les effets à long terme (en utilisant Ec,eff selon l'article C5.12.5.3.6 de l'AASHTO LRFD (2024)) pour les combinaisons pour lesquelles l'évaluation de l'ouverture des fissures est activée. Les vérifications basées sur les valeurs limites spécifiées par l'utilisateur sont les suivantes :
où :
w ouverture de fissure calculée par l'analyse par éléments finis,
wlim valeur limite de l'ouverture de fissure définie par l'utilisateur.
La valeur limite wlim doit être déterminée en fonction du type d'élément et de la classe d'exposition conformément à l'article 5.6.7 de l'AASHTO LRFD (2024) et à son commentaire.
Il existe deux méthodes de calcul de l'ouverture des fissures (fissuration stabilisée et non stabilisée). Dans le cas général (fissuration stabilisée), l'ouverture de fissure est calculée en intégrant les déformations sur les éléments 1D des barres d'armature. La direction de la fissure est ensuite calculée à partir des trois points d'intégration les plus proches (depuis le centre de l'élément fini 1D de ferraillage considéré) des éléments de béton 2D. Bien que cette approche de calcul des directions de fissures ne corresponde pas à la position réelle des fissures, elle fournit néanmoins des valeurs représentatives qui conduisent à des ouvertures de fissures comparables aux valeurs d'ouverture de fissure exigées par la norme à la position de la barre d'armature.
7 Vérifications structurelles selon la norme australienne AS 3600 (2018)
L'évaluation de la structure par la CSFM est réalisée au moyen de deux analyses distinctes : l'une pour l'état limite de service, l'autre pour les combinaisons de charges de résistance. L'analyse à l'état limite de service suppose que le comportement sous charges pondérées est satisfaisant et que les conditions de plasticité du matériau ne seront pas atteintes aux niveaux de charge de service. Cette approche permet d'utiliser des modèles constitutifs simplifiés (avec une branche linéaire du diagramme contrainte-déformation du béton) pour l'analyse à l'état limite de service, afin d'améliorer la stabilité numérique et la vitesse de calcul.
La CSFM est une méthode d'analyse structurelle qui satisfait aux règles générales des chapitres 6.1.1 et 6.1.2 et qui est définie comme (f) analyse non linéaire des contraintes au chapitre 6.1.3, puis au chapitre 6.6.
L'analyse par la CSFM prend en compte tous les effets non linéaires et inélastiques pertinents (à l'exception du retrait) définis en 6.6.3.
Afin de satisfaire aux exigences des sections 6.6.4 et 6.6.5 (des précisions figurent dans l'AS3600:2018 Sup 1:2022, section C6.6), des vérifications et des validations de la méthode ont été réalisées dans diverses universités. Les articles individuels résumant les résultats de la vérification et de la validation sont disponibles au lien suivant.
IDEA StatiCa Detail étant un programme de dimensionnement pratique, la résistance caractéristique en compression du béton sur cylindre à 28 jours, pondérée, f'c, est utilisée pour les calculs, comme décrit dans le chapitre suivant.
7.1 Modèles de matériaux (AS 3600)
Béton - Résistance
Le modèle de béton implémenté pour les calculs de résistance dans CSFM repose sur la courbe contrainte-déformation parabole-palier plastique. La résistance en traction est négligée, comme dans le calcul classique du béton armé.

L'implémentation de CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c'est-à-dire qu'après avoir atteint la contrainte maximale, elle considère un palier plastique avec εc0 à une valeur maximale de 5 %, alors que l'AS 3600 Cl. 8.3.1 suppose une déformation ultime inférieure à 0,3 %). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui atteignent la rupture en compression. Toutefois, la résistance est correctement prédite lorsque, en plus du facteur de béton fissuré (kc2 défini à la (Fig. 77)), l'augmentation de la fragilité du béton avec l'accroissement de sa résistance est prise en compte au moyen du facteur de réduction défini dans le fib Model Code 2010 comme suit :
où :
α2 est le facteur de réduction de la résistance en compression du béton défini dans l'AS 3600 Cl. 8.3.1
Lorsqu'un diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle est utilisé, il est nécessaire de réduire la contrainte de compression maximale par ce facteur. Cela moyenne la distribution des contraintes dans la zone comprimée de manière que la résistance en compression résultante soit inférieure ou égale à la résistance en compression calculée à l'aide d'un diagramme contrainte-déformation avec un palier plastique décroissant. Une approche analogue est définie pour le bloc de contraintes rectangulaire au chapitre 8.1.3.
Φs est le facteur de réduction de contrainte pour le béton. La valeur par défaut est définie selon l'AS 3600 Table 2.2.3.
β est le facteur de réduction dû à la présence de fissuration transversale (également noté kc2 dans ce texte)
f'c est la résistance du béton sur cylindre (en MPa pour la définition de ).
β est un facteur de réduction fondé sur les mêmes principes que le facteur de résistance en compression effective défini au chapitre 2.2.3. La littérature sur laquelle repose la détermination de ce facteur est disponible (y compris dans le contexte de la norme AS3600) dans l'AS3600:2018 Sup 1:2022 CL. C2.2.3.
Béton – Service
L'analyse à l'état limite de service comporte certaines simplifications des modèles constitutifs utilisés pour l'analyse de résistance. Le palier plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est ignoré, tandis que la branche élastique est linéaire et infinie. La loi d'adoucissement en compression n'est pas prise en compte. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul, et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux à l'état de service restent nettement inférieures à leurs points d'écoulement (comme l'exige l'AS3600). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés pour l'état de service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.

Effets à long terme
Dans l'analyse à l'état de service, les effets à long terme du béton sont pris en compte à l'aide du coefficient de fluage de calcul selon l'AS 3600 CL 3.1.8 (φcc, pris par défaut égal à 2,5), qui modifie le module d'élasticité sécant du béton (Ec) comme suit :
Les incréments de charge sont calculés séquentiellement dans l'ordre : Précontrainte - Permanentes - Variables, en utilisant le module d'élasticité effectif approprié pour chaque incrément, comme illustré à la Fig. 78. Les coefficients de fluage sont définis par l'utilisateur dans les propriétés du matériau et doivent être calculés selon l'AS 3600 CL 3.1.8.3

Effets à court terme
Pour effectuer les vérifications à court terme, un autre calcul est réalisé dans lequel toutes les charges sont calculées sans le facteur dépendant du temps pour les charges soutenues. Les deux calculs pour les vérifications à long et à court terme sont représentés à la Fig. 78.
Ferraillage
Un diagramme contrainte-déformation parfaitement élasto-plastique avec une limite d'élasticité définie est considéré pour le ferraillage non précontraint, voir l'AS 3600 Section 3.2. La définition de ce diagramme nécessite uniquement de connaître les propriétés de base du ferraillage – la résistance et le module d'élasticité.
Le diagramme contrainte-déformation du ferraillage peut également être défini par l'utilisateur, mais dans ce cas, il est impossible de prendre en compte l'effet de raidissement en traction (il est impossible de calculer l'ouverture des fissures).

où :
Φs est le facteur de réduction de résistance pour le ferraillage. La valeur par défaut est définie selon l'AS 3600 Table 2.2.3.
fy est la limite d'élasticité du ferraillage
Es est le module d'élasticité du ferraillage
Le raidissement en traction (Fig. 81) est pris en compte automatiquement en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de la barre d'armature nue afin de représenter la rigidité moyenne des barres noyées dans le béton (εm).

7.2 Réduction des contraintes et coefficients de charge
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible est conforme aux codes de calcul modernes. Les modèles de calcul n'utilisant que les propriétés usuelles des matériaux, le format des coefficients partiels de sécurité prescrit par les codes de calcul peut être appliqué sans aucune adaptation. Ainsi, les charges d'entrée sont pondérées et les propriétés caractéristiques des matériaux sont réduites à l'aide des coefficients de réduction des contraintes correspondants, exactement comme dans une analyse conventionnelle du béton.
Les valeurs des coefficients de réduction des contraintes sont prescrites dans AUS 3600 Cl. 2.2.3. Les valeurs par défaut pour le béton et le ferraillage sont définies conformément au Tableau 2.2.3

Les coefficients de charge pour les combinaisons de résistance doivent être définis conformément à AS 3600 Cl. 4.2.2. Les coefficients de charge pour les combinaisons de service doivent être déterminés conformément au Tableau 4.1. Pour tous les modèles, les coefficients de charge sont déjà prédéfinis.

7.3 Vérifications de résistance et d'ancrage
Les différentes vérifications requises par l'AS 3600 sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications portent sur la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
La résistance du béton en compression est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc (aussi σ2 dans les résultats auxiliaires) obtenue par l'analyse par éléments finis et la valeur limite f'c,lim.
La résistance du ferraillage est évaluée en traction et en compression comme le rapport entre la contrainte dans l'armature au droit des fissures fs et la valeur limite spécifiée fsy,lim.
La contrainte de cisaillement d'adhérence est évaluée indépendamment comme le rapport entre la contrainte d'adhérence τb calculée par l'analyse par éléments finis et la contrainte d'adhérence ultime de calcul fbu.
Pour la détermination de la contrainte d'adhérence ultime de calcul fbu, la formule C13.1.2.2 définie dans l'AS3600:2018 Sup 1:2022 est prise en compte dans l'application.
Avec f'c ≤ 65 MPa (dans la formule, exprimée en MPa), les facteurs k sont déterminés selon l'AS 3600 Cl. 13.1.2.2 comme suit :
k3 = 0.7 (valeur conservative pour toutes les armatures)
k2 = (132 - db) / 100 (db est le diamètre de la barre d'armature en millimètres)
= 1.3 pour une barre horizontale avec plus de 300 mm de béton coulé sous la barre, ou 1.0 dans les autres cas
k1 est déterminé automatiquement à partir de la position du ferraillage dans le modèle et de la direction de bétonnage, qui peut être définie dans l'application pour chaque élément du projet, comme suit.

La longueur de développement de base Lsy,tb est calculée selon la formule 13.1.2.2 de l'AS 3600 comme suit :
Comme le montre la formule, la longueur de développement de base Lsy,tb est limitée inférieurement. La contrainte d'adhérence ultime de calcul fbu doit donc être limitée de la même manière dans l'application, de sorte que la relation suivante s'applique :
Où fsy est exprimée en MPa.
La limitation de fbu est obtenue de la manière suivante :
Il est également possible de modéliser des barres lisses. Plus d'informations sont disponibles ici : Barres lisses dans Detail
Effort total Ftot et effort limite Flim
L'effort total Ftot est un résultat de l'analyse par éléments finis et peut être défini de deux manières.
où As est l'aire de la barre d'armature et fs est la contrainte dans la barre.
Ou comme la somme de l' effort d'ancrage Fa et de l' effort d'adhérence Fbond.
où Fa est l'effort réel dans le ressort d'ancrage et Fbond est l'effort d'adhérence, qui peut être obtenu en intégrant la contrainte d'adhérence τb le long de la barre d'armature de longueur l.
Cs est le périmètre de la barre d'armature.
L'effort limite Flim est l'effort maximal dans l'élément de la barre d'armature, en tenant compte de la résistance de la barre ainsi que des conditions d'ancrage (adhérence entre le béton et le ferraillage, crochets d'ancrage, boucles, etc.).
où Cs est le périmètre de la barre d'armature et l est la longueur depuis le début de la barre jusqu'au point considéré.

où Flim,add est l'effort supplémentaire calculé à partir de la valeur de l'angle entre les éléments voisins. Flim,2 doit toujours être inférieur à Fu.
Les types d'ancrage disponibles dans la CSFM comprennent la barre droite (c'est-à-dire sans réduction de l'extrémité d'ancrage), l'équerre standard, le crochet standard, l'adhérence parfaite et la barre continue. Tous ces types, ainsi que les coefficients d'ancrage β correspondants, sont présentés à la Fig. 86 pour le ferraillage longitudinal. Les valeurs des coefficients d'ancrage retenus sont déduites de l'AS 3600 Cl. 13.1.2. Il convient de noter que la CSFM distingue trois types d'extrémités d'ancrage : (i) aucune réduction de la longueur d'ancrage, (ii) une réduction de 50 % de la longueur d'ancrage dans le cas d'un ancrage normalisé, et (iii) l'adhérence parfaite.

Le coefficient d'ancrage pour les étriers est toujours β = 1.0.
Afin de respecter l'AS 3600, le ressort d'ancrage doit être utilisé dans le calcul. Le ressort d'ancrage étant modifié par le coefficient β, l'utilisateur doit choisir l'un des types d'ancrage disponibles lors de la définition des conditions de début et de fin du ferraillage.
7.4 Vérifications à l'état limite de service
Les vérifications à l'état limite de service sont effectuées pour l'ouverture des fissures et les limites de flèche.
Flèche
En fonction du type de combinaison sélectionné (long terme ou court terme), la flèche à long terme ou à court terme est évaluée. La valeur maximale admissible de la flèche doit être définie par l'utilisateur et prise en compte conformément à AS 3600 Cl. 2.3.2.

Dans l'application, il est possible d'afficher séparément les flèches dues à la charge permanente ΔPL et à la charge d'exploitation ΔIL, ainsi que la flèche totale ΔTot (permanente + exploitation), tout en affichant la déformée.
Les flèches aux extrémités recoupées ne peuvent pas être vérifiées.
Ouverture des fissures
L'ouverture et l'orientation des fissures sont calculées pour les combinaisons de service à court terme ou à long terme. La méthode de calcul direct de l'ouverture des fissures dans l'application est conforme à (basée sur) la méthode donnée dans AS 3600 8.6.2.3.
Les vérifications sont présentées comme suit :
où :
w ouverture des fissures à court ou à long terme calculée par analyse par éléments finis,
wlim valeur limite de l'ouverture des fissures définie par l'utilisateur.
Les ouvertures maximales de fissures recommandées sont indiquées dans AS3600:2018 Sup 1:2022 Table C2.3.3.1.

Alternativement, selon AS3600:2018 Sup 1:2022 Cl. C8.6.1 - Pour les structures soumises aux charges de service à long terme, les valeurs recommandées pour wlim sont les suivantes :

Il existe deux méthodes de calcul de l'ouverture des fissures (fissuration stabilisée et fissuration non stabilisée). Dans le cas général (fissuration stabilisée), l'ouverture des fissures est calculée en intégrant les déformations sur les éléments 1D des barres de ferraillage. La direction de la fissure est ensuite calculée à partir des trois points d'intégration les plus proches (depuis le centre de l'élément fini 1D de ferraillage considéré) des éléments de béton 2D. Bien que cette approche de calcul des directions de fissures ne corresponde pas à la position réelle des fissures, elle fournit néanmoins des valeurs représentatives qui conduisent à des résultats d'ouverture de fissures comparables aux valeurs d'ouverture de fissures exigées par la norme à la position de la barre de ferraillage.
8 Vérifications structurelles selon la CSA A23.3:24
L'évaluation de la structure par la CSFM est réalisée au moyen de deux analyses distinctes : l'une pour l'état limite de service, l'autre pour les combinaisons de charges de résistance. L'analyse à l'état limite de service suppose que le comportement sous charges pondérées est satisfaisant et que les conditions de plasticité du matériau ne seront pas atteintes aux niveaux de charge de service. Cette approche permet d'utiliser des modèles constitutifs simplifiés (avec une branche linéaire du diagramme contrainte-déformation du béton) pour l'analyse à l'état limite de service, afin d'améliorer la stabilité numérique et la vitesse de calcul.
La CSFM est une méthode d'analyse structurelle qui satisfait aux exigences relatives à l'analyse par éléments finis données à l'article 9.5 de la CSA A23.3:24. Les effets de la fissuration sont pris en compte directement dans les modèles de matériaux (article 9.5.1), l'ancrage du ferraillage est explicitement considéré (article 9.5.3), et la maîtrise de la fissuration ainsi que les flèches sont vérifiées dans le cadre des vérifications à l'état limite de service (article 9.5.5). La CSFM étant une méthode de champ de contraintes continu, elle est également cohérente avec l'analyse par modèles bielle-et-tirant admise par l'article 9.4, et la limite de contrainte de compression dans les bielles donnée à l'article 11.4.2.3 est reflétée dans la résistance limite en compression du béton (voir la définition des coefficients α et kc2 ci-dessous).
La vérification et la validation de la méthode ont été réalisées dans diverses universités. Les articles individuels résumant les résultats de la vérification et de la validation sont disponibles au lien suivant.
IDEA StatiCa Detail étant un programme de dimensionnement pratique, la résistance spécifiée en compression du béton, pondérée, f'c est utilisée pour les calculs, comme décrit dans le chapitre suivant.
8.1 Modèles de matériaux (CSA)
Béton - Résistance
Le modèle de béton implémenté pour les calculs de résistance dans CSFM est basé sur la courbe contrainte-déformation parabolique-plastique. La résistance en traction est négligée, comme dans le calcul classique du béton armé. Seul le diagramme parabole-rectangle du béton est pris en charge pour la norme de calcul CSA.

L'implémentation de CSFM dans IDEA StatiCa Detail ne considère pas de critère de rupture explicite en termes de déformations pour le béton en compression (c.-à-d. qu'après avoir atteint la contrainte maximale, elle considère une branche plastique avec εc d'une valeur maximale de 5 %, alors que l'article 10.1.3 de la CSA A23.3:24 suppose une déformation maximale du béton en compression de 0,0035). Cette simplification ne permet pas de vérifier la capacité de déformation des structures qui ruinent en compression. Toutefois, la résistance est correctement prédite lorsque, en plus du facteur du béton fissuré (kc2 défini à la Fig. 90), l'augmentation de la fragilité du béton avec sa résistance est prise en compte au moyen du facteur de réduction ηfc défini dans le fib Model Code 2010 comme suit :
où :
α est le facteur tenant compte des différences entre la résistance en place et la résistance de l'éprouvette cylindrique normalisée selon l'article 10.1.6 de la CSA A23.3:24. La note de cet article exige que les blocs de contraintes soient basés sur des courbes contrainte-déformation dont la contrainte maximale n'excède pas 0,9 f'c. Le facteur est également en accord avec l'exigence de limitation de la contrainte de compression dans les bielles selon l'article 11.4.2.3. La valeur par défaut est fixée à 0,85 et peut être modifiée dans les Paramètres du projet.
Remarque : α est une valeur unique définie par l'utilisateur, appliquée au diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle. Il ne doit pas être confondu avec le facteur α1 de la distribution rectangulaire équivalente des contraintes dans le béton, que l'article 10.1.7 de la CSA A23.3:24 définit comme dépendant de la résistance (α1 = 0,85 − 0,0015 f'c ≥ 0,67, équation 10.1).
Φc est le coefficient de résistance du béton selon l'article 8.4.2 de la CSA A23.3:24.
kc2 est le facteur de réduction dû à la présence de fissuration transversale (adoucissement en compression).
f'c est la résistance spécifiée en compression du béton (en MPa pour la définition de ηfc).
Lorsqu'un diagramme contrainte-déformation parabole-rectangle est utilisé, il est nécessaire de réduire la contrainte maximale de compression par le facteur α. Cela permet de moyenner la distribution des contraintes dans la zone comprimée de telle sorte que la résistance en compression obtenue soit inférieure ou égale à la résistance en compression calculée à l'aide d'un diagramme contrainte-déformation avec une branche plastique décroissante. Une approche analogue est définie pour la distribution rectangulaire équivalente des contraintes dans le béton à l'article 10.1.7 de la CSA A23.3:24, où la contrainte pondérée du béton α1 Φc f'c est supposée uniformément répartie sur la zone comprimée équivalente.
kc2 est un facteur de réduction fondé sur les mêmes hypothèses que la limite de contrainte de compression dans les bielles donnée à l'article 11.4.2.3 de la CSA A23.3:24, à ceci près que dans CSFM, la présence d'une déformation principale de traction perpendiculaire à la contrainte principale de compression est vérifiée pour chaque élément fini (et pas seulement pour les bielles et les zones nodales du modèle bielle-et-tirant).
Béton – Service
L'analyse en service comporte certaines simplifications des lois de comportement utilisées pour l'analyse de résistance. La branche plastique de la courbe contrainte-déformation du béton en compression est négligée, tandis que la branche élastique est linéaire et illimitée. La loi d'adoucissement en compression n'est pas prise en compte. Ces simplifications améliorent la stabilité numérique et la vitesse de calcul, et ne réduisent pas la généralité de la solution tant que les limites de contrainte résultantes des matériaux en service restent nettement inférieures à leurs points de plastification (conformément aux exigences de service des articles 9.8 et 18.3 de la CSA A23.3:24 pour les éléments précontraints). Par conséquent, les modèles simplifiés utilisés en service ne sont valables que si toutes les exigences de vérification sont satisfaites.
Effets à long terme
La loi de comportement à long terme est utilisée pour le calcul de l'ouverture des fissures, de la flèche totale et de la limitation des contraintes des éléments précontraints lorsque l'effet à long terme est sélectionné dans le ruban supérieur.
Dans l'application IDEA StatiCa Detail, le module d'élasticité Ec est ajusté afin de déterminer le comportement à long terme de la structure au moyen du facteur dépendant du temps s. Le module d'élasticité ajusté est noté Ec,eff – voir la figure 92.
En supposant que la déformation de l'élément soit exprimée par la déformation relative, on peut écrire :
où :
ε0 est la déformation à court terme (sans l'influence du fluage) et εcreep est la déformation due au fluage.
En utilisant la loi de Hooke, on peut écrire :
En substituant et , on obtient :
où :
Ec est le module d'élasticité du béton défini à l'article 8.6.2.2 de la CSA A23.3:24
s est le facteur dépendant du temps. Trois facteurs peuvent être définis par l'utilisateur dans l'onglet Matériaux et doivent être déterminés conformément au facteur pour les flèches sous charges soutenues ζs donné à l'article 9.8.2.5 de la CSA A23.3:24 (article 9.8.4.4 pour les éléments précontraints) :

Effets à court terme
Pour effectuer les vérifications à court terme, un autre calcul est réalisé dans lequel toutes les charges sont calculées sans le facteur dépendant du temps. Les deux calculs, pour les vérifications à long terme et à court terme, sont représentés à la Fig. 92.
Ferraillage
Un diagramme contrainte-déformation parfaitement élasto-plastique avec une limite d'élasticité définie est considéré pour le ferraillage non précontraint. Les matériaux du ferraillage sont définis par la CSA G30.18:21. La définition de ce diagramme ne nécessite que la connaissance des propriétés de base du ferraillage – la résistance et le module d'élasticité.
Le diagramme contrainte-déformation du ferraillage peut également être défini par l'utilisateur, mais dans ce cas, il est impossible de prendre en compte l'effet de raidissement en traction (il est impossible de calculer l'ouverture des fissures).

où :
Φs est le coefficient de résistance du ferraillage selon l'article 8.4.3 de la CSA A23.3:24.
fsy est la limite d'élasticité du ferraillage
Es est le module d'élasticité du ferraillage
La valeur de 10 % est retenue comme déformation limite à laquelle le calcul est arrêté. Ceci est considéré comme sûr conformément à l'article 7 de l'ASTM A955/A955M-20c.
Le raidissement en traction (Fig. 94) est pris en compte automatiquement en modifiant la relation contrainte-déformation d'entrée de la barre d'armature nue afin de représenter la rigidité moyenne des barres noyées dans le béton (εm).

8.2 Coefficients de résistance et de charge
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible est conforme aux codes de calcul modernes. Les modèles de calcul n'utilisent que les propriétés courantes des matériaux. Le format des coefficients partiels de sécurité prescrit par les codes de calcul peut donc être appliqué sans aucune adaptation. Ainsi, les charges d'entrée sont pondérées et les propriétés spécifiées des matériaux sont réduites à l'aide des coefficients de résistance correspondants, exactement comme dans une analyse conventionnelle du béton.
Les valeurs des coefficients de résistance des matériaux sont prescrites dans CSA A23.3:24, article 8.4. La résistance pondérée du béton est définie à l'article 8.4.2, et l'effort pondéré dans le ferraillage et les câbles de précontrainte à l'article 8.4.3. Les valeurs par défaut utilisées dans IDEA StatiCa Detail correspondent aux valeurs données dans ces articles pour les structures calculées conformément à l'article 8. Elles ne tiennent donc pas compte des coefficients de matériaux réduits autorisés pour les usines de béton préfabriqué certifiées conformément à l'article 16.1.3. Si un tel cas est évalué, l'utilisateur peut modifier les valeurs des coefficients de résistance dans les paramètres du projet (Project settings).

où :
- Φc est le coefficient de résistance du béton selon CSA A23.3:24, article 8.4.2.
- Φs est le coefficient de résistance des barres de ferraillage et des ancrages en acier noyés selon CSA A23.3:24, article 8.4.3 a).
- Φp est le coefficient de résistance des câbles de précontrainte selon CSA A23.3:24, article 8.4.3 b).
En plus des coefficients de résistance des matériaux, le coefficient α, qui tient compte des différences entre la résistance en place et la résistance de l'éprouvette cylindrique normalisée, est défini dans les paramètres du projet (Project settings). Ce coefficient est décrit au chapitre 8.1. Sa valeur par défaut de 0,85 reflète à la fois l'exigence de CSA A23.3:24, article 10.1.6, et la limite de la contrainte de compression dans les bielles donnée à l'article 11.4.2.3.

Les coefficients de charge et les combinaisons de charges doivent être déterminés conformément au code du bâtiment applicable, comme l'exigent CSA A23.3:24, articles 8.2.1 et 8.3.1. CSA A23.3:24 spécifie lui-même des exigences conformes au Code national du bâtiment du Canada (article 1.1), et une version adaptée de ses dispositions relatives aux combinaisons de charges est reproduite dans CSA A23.3:24, Annexe C (informative). Les combinaisons de charges pour les états limites ultimes sont données dans le Tableau C.1 a) pour les cas de charge sans charges de pont roulant et dans le Tableau C.1 b) pour les cas de charge avec charges de pont roulant. La combinaison applicable est celle qui produit l'effet le plus défavorable. Les coefficients de charge pour la poussée latérale des terres H, les effets de retenue dus à la précontrainte P et la déformation imposée T prennent respectivement les valeurs 1,5, 1,0 et 1,25 conformément à l'article C.1.2.4.
Les combinaisons de charges pour les états limites de service doivent être prises égales à la combinaison qui produit l'effet le plus défavorable pour l'état limite considéré, comme l'exige l'article 8.3.3.
IDEA StatiCa Detail est également utilisé pour le calcul de détails de ponts, tels que les chevêtres de piles, les entretoises et les culées. Il convient donc de noter que les combinaisons de charges et les coefficients de charge du Code national du bâtiment du Canada reproduits dans l'Annexe C s'appliquent aux bâtiments. Pour les ponts routiers au Canada, le document de référence est le Code canadien sur le calcul des ponts routiers CSA S6, qui définit ses propres charges de calcul, combinaisons de charges et coefficients de charge. Dans ces cas, les coefficients de charge et les combinaisons doivent être déterminés selon CSA S6. Il incombe à l'utilisateur de définir les combinaisons de charges adaptées à la structure évaluée et à l'édition du code imposée par l'autorité compétente.

Les types de cas de charge suivants sont disponibles dans l'application :
- Précontrainte
- Permanente
- Variable
Chaque combinaison est associée à un état limite, qui détermine à la fois les modèles de matériaux utilisés dans l'analyse et les vérifications normatives effectuées :
- ELU – les vérifications de résistance décrites au chapitre 8.3 sont effectuées avec le modèle de matériau parabole-rectangle pour le béton.
- ELS – les vérifications de service décrites au chapitre 8.5 sont effectuées avec les modèles de matériaux linéaires pour le béton. Deux sous-types de combinaison de service sont distingués :
- Charge soutenue – précontrainte plus charge permanente, utilisée pour la vérification de la limitation des contraintes des éléments précontraints sous charges soutenues.
- Charge totale – précontrainte, charge permanente et charge transitoire, utilisée pour la vérification de la limitation des contraintes des éléments précontraints sous charges totales.
Pour chaque combinaison de service, l'utilisateur décide en outre si la combinaison est active pour la vérification de l'ouverture des fissures et pour la vérification de la flèche.

Pour chaque modèle, le programme inclut des combinaisons de base prédéfinies, qui doivent être complétées en fonction de l'élément traité.
8.3 État limite ultime
Les différentes vérifications requises par la CSA A23.3:24 sont évaluées à partir des résultats directs fournis par le modèle. Les vérifications portent sur la résistance du béton, la résistance du ferraillage et l'ancrage (contraintes de cisaillement d'adhérence).
La résistance du béton en compression est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc (aussi σc2 dans les résultats auxiliaires) obtenue par l'analyse par éléments finis (EF) et la valeur limite f'c,lim.
La résistance du ferraillage est évaluée en traction comme en compression, comme le rapport entre la contrainte dans le ferraillage au droit des fissures fs et la valeur limite spécifiée fsy,lim.
La contrainte de cisaillement d'adhérence est évaluée indépendamment, comme le rapport entre la contrainte d'adhérence τb calculée par l'analyse EF et la résistance d'adhérence de calcul fbu.
La CSA A23.3:24 ne définit pas explicitement de résistance d'adhérence. Il s'agit toutefois de la grandeur dont découlent les dispositions relatives à la longueur de développement de l'article 12, et elle peut donc en être déduite. La démarche comporte quelques étapes.
La longueur de développement ld est, par définition, la longueur d'encastrement sur laquelle l'adhérence seule transmet au béton l'effort de plastification complet de la barre. Si une barre est ancrée sur une longueur supérieure ou égale à ld, son arrachement entraîne la plastification de la barre plutôt que la rupture de l'adhérence. On égale l'effort transmis par une contrainte d'adhérence uniforme fbu agissant sur le périmètre de la barre à l'effort de plastification de la section de la barre :
où :
- db est le diamètre nominal de la barre, et π db ld l'aire de la surface adhérente ;
- Ab = π db2 / 4 est l'aire de la section de la barre ;
- fyg est la limite d'élasticité spécifiée du ferraillage.
On peut écrire :
Les équations simplifiées pour la longueur de développement en traction des barres à haute adhérence sont données dans le tableau 12.1 de la CSA A23.3:24 (article 12.2.3). L'application retient le second cas, plus conservatif, intitulé Autres cas.
Dans l'application, les facteurs de modification définis dans le tableau 12.2 de la CSA A23.3:24 (article 12.2.4) valent kc = 1,0, car seul le ferraillage non revêtu est pris en charge, et ka = 1,0, car seul le béton de masse volumique normale est pris en charge. L'expression retenue est donc
En substituant cette expression dans la condition d'équilibre, on élimine la longueur de développement :
fyg et db apparaissent au numérateur et au dénominateur et se simplifient donc :
L'évaluation de la constante, 1 / 2,4 = 0,4167, arrondie à 0,42, donne la résistance d'adhérence de calcul implémentée dans l'application :
Les facteurs de modification sont déterminés à partir du tableau 12.2 de la CSA A23.3:24 (article 12.2.4) :

Conformément à l'article 12.1.2 de la CSA A23.3:24, la valeur maximale admissible de √f'c utilisée dans le calcul des longueurs de développement est de 8 MPa.
Le facteur k1 est déterminé automatiquement à partir de la position du ferraillage dans le modèle, selon la figure suivante :

Pour de mauvaises conditions d'adhérence, k1=1,3
Le sens de bétonnage peut être défini dans l'application.

La contrainte de cisaillement d'adhérence et la résistance d'adhérence des barres comprimées sont calculées de manière analogue à celles des barres tendues, mais en utilisant les équations de longueur de développement en compression de l'article 12.3.2 de la CSA A23.3:24.
Il est également possible de modéliser des barres lisses. Plus d'informations sont disponibles ici : Barres lisses dans Detail
Effort total Ftot et effort limite Flim
L'effort total Ftot est un résultat de l'analyse par éléments finis et peut être défini de deux manières.
où As est l'aire de la barre d'armature et fs est la contrainte dans la barre.
Ou comme la somme de l' effort d'ancrage Fa et de l' effort d'adhérence Fbond.
où Fa est l'effort réel dans le ressort d'ancrage et Fbond est l'effort d'adhérence, qui peut être obtenu en intégrant la contrainte d'adhérence τb sur la longueur de la barre d'armature l.
Cs est le périmètre de la barre d'armature.
L'effort limite Flim est l'effort maximal dans l'élément de la barre d'armature, compte tenu de la résistance de la barre ainsi que des conditions d'ancrage (adhérence entre le béton et le ferraillage, crochets d'ancrage, boucles, etc.).
où Cs est le périmètre de la barre d'armature, et l est la longueur depuis le début de la barre jusqu'au point considéré.

où Flim,add est l'effort additionnel calculé à partir de la valeur de l'angle entre éléments voisins. Flim,2 doit toujours rester inférieur à Fu.
Les types d'ancrage disponibles pour le ferraillage longitudinal et transversal suivent les crochets et coudes définis à l'article 6.6.2 de la CSA A23.1:19. Un crochet standard est défini à l'article 6.6.2.2 comme un coude semi-circulaire (180 degrés) ou un coude à 90 degrés avec le prolongement prescrit à l'extrémité libre de la barre ; pour l'ancrage des étriers et des cadres, un coude de 90 degrés ou de 135 degrés est défini. Les types d'ancrage disponibles dans la CSFM pour le ferraillage longitudinal comprennent la barre droite (c'est-à-dire sans réduction liée à l'extrémité d'ancrage), le coude à 90 degrés, le coude à 180 degrés, l'adhérence parfaite et la barre continue. Tous ces types, ainsi que les coefficients d'ancrage β correspondants, sont représentés à la Fig. 103.

Il convient de noter que, malgré les différentes options disponibles, la CSFM distingue trois types d'extrémités d'ancrage : (i) aucune réduction de la longueur d'ancrage, (ii) une réduction de 30 % de la longueur d'ancrage dans le cas d'un ancrage normalisé, et (iii) l'adhérence parfaite. Les coefficients d'ancrage retenus sont les suivants :
Le coefficient d'ancrage pour les étriers (disponible pour l'élément poutre) est toujours β = 1,0.
Afin de respecter la CSA A23.3, le ressort d'ancrage doit être utilisé dans le calcul. Le ressort d'ancrage est modifié par le coefficient β ; l'utilisateur doit donc choisir l'un des types d'ancrage disponibles lors de la définition des conditions de début et de fin du ferraillage.
8.4 Résistance des zones d'appui et d'ancrage – Zones partiellement chargées
Lors de la conception de structures en béton, on rencontre deux grands groupes de zones partiellement chargées (ZPC) : le premier comprend les appuis, tandis que le second regroupe les zones d'ancrage.
Selon les normes actuellement en vigueur pour le calcul des structures en béton armé, l'écrasement local du béton et les efforts de traction transversaux doivent être pris en compte pour les appuis. Pour une charge uniformément répartie sur une aire A1, la capacité en compression du béton peut être majorée jusqu'à un facteur deux, selon l'aire de répartition de calcul A2. Voir CSA A23.3:24 Article 10.8.1.
sauf lorsque la surface d'appui est plus large, sur tous les côtés, que l'aire chargée ; dans ce cas, la résistance à l'appui sur l'aire chargée peut être multipliée par
où :
- A1 est l'aire chargée ;
- A2 est l'aire de répartition de calcul, mesurée dans le plan défini par la dispersion admissible de la charge ;
- Φc est le coefficient de résistance du béton selon l'Article 8.4.2, dont la valeur par défaut est 0,65 (voir chapitre 8.2).
Pour les zones d'ancrage de post-tension, CSA A23.3:24 Article 18.13 doit être respecté. L'Article 18.13.1 exige que les zones d'ancrage de post-tension soient dimensionnées pour résister à la résistance à la traction spécifiée des câbles de précontrainte, et l'Article 18.13.2 permet de réaliser le dimensionnement selon l'une des méthodes suivantes : équilibre basé sur des modèles Bielle-et-tirant selon l'Article 11.4 ; analyse élastique des contraintes par des méthodes d'éléments finis ou équivalentes ; méthodes fondées sur des essais ; ou équations simplifiées lorsqu'elles sont applicables. L'Article 18.13.4 exige en outre que les régions de concentration de contraintes dues à des variations brusques de section soient correctement ferraillées.
La deuxième de ces méthodes est celle que représente la CSFM, ce qui rend Detail directement applicable au dimensionnement des zones d'ancrage des câbles de précontrainte selon CSA A23.3:24.
La zone partiellement chargée doit être suffisamment ferraillée avec des armatures transversales dimensionnées pour transmettre les efforts de fendage qui se développent dans la zone, comme l'exige l' Article 10.8.2, qui impose un ferraillage dans les zones d'appui pour résister aux efforts d'éclatement, de fendage et d'écaillage. En l'absence du ferraillage transversal requis, il n'est pas possible de considérer une majoration de la capacité en compression du béton.
Zones partiellement chargées dans la CSFM
Avec la CSFM, il est possible de dimensionner et de vérifier des structures en béton armé tout en tenant compte de l'influence de l'augmentation de la résistance en compression du béton dans les zones partiellement chargées. La CSFM étant un modèle de voile (2D) et les zones partiellement chargées relevant d'un problème spatial (3D), il a fallu trouver une solution combinant ces deux types de problèmes différents (Fig. 105). Si la fonction « zones partiellement chargées » est activée, la géométrie du cône admissible est créée conformément à la norme CSA (Fig. 104). Toutes les interférences géométriques sont résolues entièrement en 3D pour la géométrie spécifiée de l'élément en béton et les dimensions de chaque ZPC. Ensuite, un modèle de calcul de la zone partiellement chargée est créé.

La modification du modèle de matériau s'est révélée être une approche inadaptée, principalement parce que le transfert des propriétés vers le maillage d'éléments finis est problématique. Il a été établi qu'une approche indépendante du maillage d'éléments finis constitue une solution plus appropriée. Des bielles fictives parfaitement cohérentes sont créées pour la géométrie connue du cône de compression (Fig. 105 et Fig. 106). Ces bielles ont des propriétés matérielles identiques à celles du béton utilisé dans le modèle, y compris le diagramme contrainte-déformation. La forme du cône détermine la direction des bielles, qui répartissent progressivement la charge de la ZPC vers l'aire de répartition de calcul. La densité surfacique des bielles fictives varie en chaque point du cône et ajoute une aire de béton fictive dans la direction de la charge. Au niveau de l'aire chargée (A1), une aire de béton fictive est ajoutée selon le rapport (où Areal est l'aire de l'appui supposée dans le modèle de calcul 2D), et cette aire diminue linéairement jusqu'à zéro en direction de l'aire de répartition de calcul (A2). Cette solution garantit que la contrainte de compression dans le béton est constante sur tout le volume du cône.

La résistance de la zone partiellement chargée est majorée selon le rapport entre l'aire de répartition de calcul et l'aire chargée défini dans CSA A23.3:24 Article 10.8.1. Il convient de garder à l'esprit qu'il s'agit d'un modèle de calcul qui ne peut pas décrire précisément l'état de contrainte dans une zone partiellement chargée, dont l'écoulement réel est beaucoup plus complexe. Cependant, cette solution permet une répartition correcte de la charge sur l'ensemble du modèle tout en respectant la capacité portante accrue de la zone partiellement chargée. De plus, elle introduit correctement les contraintes transversales dans cette zone, afin de dimensionner correctement le ferraillage vis-à-vis des efforts de fendage.
La densité est limitée de manière à ne pas dépasser la capacité maximale double donnée par la limite √(A2/A1) ≤ 2 de l'Article 10.8.1.
Pour les zones d'ancrage, la ZPC est utilisée de la même manière que pour les appuis dans l'application. La contrainte de compression au niveau du dispositif d'ancrage lui-même doit donc être vérifiée manuellement par rapport aux exigences de l'Article 18.13. Dans ce cas, la ZPC sert à éviter de dépasser le critère de déformation dans la zone locale et ainsi d'interrompre prématurément le calcul. En revanche, le ferraillage résistant aux efforts d'éclatement, de fendage et d'écaillage exigé par l'Article 10.8.2, ainsi que le ferraillage des régions de concentration de contraintes exigé par l'Article 18.13.4, peuvent être vérifiés directement et avantageusement dans l'application.
8.5 État limite de service
Les états limites de service de la CSA A23.3:24 sont définis à l'article 8.1.4 : flèches selon l'article 8.1.4.1, dommages locaux et fissuration selon l'article 8.1.4.2, et vibrations selon l'article 8.1.4.3. Les vérifications de service dans Detail portent sur la limitation des contraintes, l'ouverture de fissure et les limites de flèche. Les vibrations ne sont pas évaluées.
Toutes les vérifications de service sont effectuées avec les modèles de matériaux linéaires décrits au chapitre 8.1, pour les combinaisons de service décrites au chapitre 8.2. Un calcul à court terme et un calcul à long terme sont disponibles, utilisant respectivement le module d'élasticité moyen Ec et le module effectif Ec,eff, .
Limitation des contraintes
La vérification de la limitation des contraintes est effectuée uniquement pour les éléments précontraints, c'est-à-dire uniquement si le cas de charge Précontrainte est présent dans le modèle, conformément à l'article 18.3.
La CSA A23.3:24 exige de vérifier à la fois les contraintes dans le béton et dans les câbles de précontrainte. Les contraintes admissibles dans les câbles de précontrainte de l'article 18.4 s'appliquent à la force de mise en tension et à l'état immédiatement après le transfert de la précontrainte, c'est-à-dire qu'elles doivent être vérifiées pendant la mise en tension ; cela sort du cadre du modèle et n'est donc pas évalué dans Detail.
La contrainte de compression dans le béton est évaluée comme le rapport entre la contrainte principale de compression maximale fc = σc2 obtenue par l'analyse par éléments finis pour le service et la valeur limite. Les limites sont celles de l'article 18.3.2, qui s'applique aux contraintes sous charges spécifiées et précontrainte après prise en compte de toutes les pertes de précontrainte :

Dans l'application, Précontrainte plus charge permanente est traitée comme une charge soutenue (Sustain), et Précontrainte, charge permanente et charge transitoire comme une charge totale (Total).

Les deux limites correspondent aux deux sous-types de la combinaison de service décrits au chapitre 8.2 : la combinaison de charge soutenue est vérifiée par rapport à 0,45 f'c et la combinaison de charge totale par rapport à 0,60 f'c. Les deux valeurs peuvent être modifiées dans les paramètres du projet, et chacune des deux vérifications peut être désactivée indépendamment.

La contrainte dans le béton est calculée à l'aide de diagrammes contrainte-déformation linéaires. Pour chaque combinaison de service, deux calculs sont effectués :
- court terme – le module d'élasticité moyen du béton Ec est pris en compte ;
- long terme – le module d'élasticité effectif Ec,eff, incluant le fluage, est pris en compte pour toutes les étapes de calcul, c'est-à-dire pour l'application de la précontrainte, des charges permanentes et des charges transitoires.
Les coefficients de fluage sont définis comme propriétés du matériau, comme décrit au chapitre 8.1. Si les résultats pour la contrainte réelle du béton fc sont présentés, la fonction d'ajustement de la limite de la palette est disponible.

Décompression
Detail fournit également une vérification de décompression pour le ferraillage de précontrainte si une entité câble de précontrainte est définie dans le modèle. La vérification s'assure que le béton au niveau du câble de précontrainte reste comprimé, ce qui est la condition sous-jacente à la limite de contrainte de traction de l'article 18.3.2 c) pour la zone tendue précomprimée.
Flèche
La CSA A23.3:24 exige le calcul de trois types de flèche différents, conformément à l'article 9.8.2 pour les éléments non précontraints et à l'article 9.8.4 pour les éléments précontraints :
- Immédiate – la flèche causée par la combinaison de charges définie, calculée avec le module d'élasticité moyen du béton Ec, conformément à l'article 9.8.2.2 ;
- Long terme – la flèche supplémentaire causée par les effets du fluage et du retrait, conformément à l'article 9.8.2.5 ;
- Totale – la flèche causée par la combinaison de charges définie, calculée avec le module d'élasticité effectif Ec,eff. Le module effectif est calculé séparément pour chaque étape de calcul – précontrainte, poids propre et charges variables – en utilisant les coefficients de fluage définis dans les propriétés du matériau béton, comme décrit au chapitre 8.1.
La flèche à long terme est la différence entre la flèche totale et la flèche immédiate.
Le calcul est effectué pour toutes les combinaisons actives pour la vérification de la flèche, en considérant des diagrammes contrainte-déformation linéaires pour le béton avec le module d'élasticité approprié.
Les résultats sont présentés dans la vérification de la flèche. L'utilisateur active ou désactive la vérification normative pour la flèche totale et la flèche immédiate et définit la valeur limite pour chacune.

La vue des données présente un tableau avec les résultats des flèches immédiate, à long terme et totale pour la combinaison de charges sélectionnée.
Les flèches calculées maximales admissibles sont données dans le tableau 9.3 de la CSA A23.3:24, qui distingue le type d'élément et la flèche à considérer.
Les valeurs limites doivent être déterminées par l'utilisateur en fonction du type d'élément analysé. Notez que les limites du tableau 9.3 pour les troisième et quatrième types d'élément se rapportent à la part de la flèche totale survenant après la mise en place des éléments non structurels, alors que Detail fournit la flèche totale depuis le début de l'historique de chargement. Les Notes du tableau 9.3 permettent de réduire la flèche à long terme de la valeur calculée comme survenant avant cette mise en place ; cette réduction relève de la responsabilité de l'utilisateur.
Ouverture de fissure
La CSA A23.3:24 contrôle la fissuration de manière indirecte à l'article 10.6.1 par le paramètre de contrôle de la fissuration z. La Note de l'article 8.1.4.2 indique explicitement que « la présente norme ne limite pas spécifiquement les ouvertures de fissure », et la Note de l'article 10.6.1 ajoute que les exigences de cet article peuvent ne pas être suffisantes pour les structures soumises à une exposition très agressive ou conçues pour être étanches.
Le paramètre z représente un degré potentiel de fissuration plutôt qu'une ouverture de fissure physique. La relation sous-jacente ne tient pas compte de l'espacement des fissures, qui ne peut pas être prédit de manière fiable ; une valeur de z ne peut donc pas être convertie en ouverture de fissure ni comparée à une telle valeur.
Comme la CSA A23.3:24 ne donne aucune procédure de calcul de l'ouverture de fissure, Detail évalue l'ouverture de fissure par la procédure générale de la CSFM, indépendante de la norme de calcul : les déformations moyennes calculées le long des barres d'armature sont intégrées sur l'espacement des fissures obtenu à partir du Tension Chord Model. La vérification de l'ouverture de fissure est effectuée pour toutes les combinaisons de service dont la propriété « Active pour la vérification de l'ouverture de fissure » est activée.
Les calculs sont effectués à l'aide de diagrammes contrainte-déformation linéaires pour le béton. Pour chaque combinaison de service affectée à la vérification de l'ouverture de fissure, les calculs à court terme et à long terme décrits ci-dessus sont effectués.
La vérification est présentée comme suit :
où :
- w est l'ouverture de fissure à court terme ou à long terme calculée par l'analyse par éléments finis ;
- wlim est la valeur limite de l'ouverture de fissure définie par l'utilisateur.
Comme la CSA A23.3 ne prescrit pas de limites d'ouverture de fissure, l'utilisateur doit spécifier wlim en fonction des conditions d'exposition et des exigences du projet.
Une orientation peut être tirée de la CSA S6:14, Code canadien sur le calcul des ponts routiers, article 8.12.3.1 et tableau 8.6, qui spécifie les ouvertures de fissure maximales aux états limites de service pour le type de composant structurel et l'exposition applicables :

Ces valeurs sont établies pour les ponts routiers. Pour les bâtiments calculés selon la CSA A23.3, elles ne constituent pas une exigence obligatoire, mais elles représentent les limites adoptées par la pratique de calcul canadienne pour les conditions d'exposition correspondantes.
Elles sont également cohérentes avec la grandeur évaluée par l'application. L'article 8.12.3.2 de la CSA S6:14 calcule l'ouverture de fissure comme w = kb βc srm εsm
c'est-à-dire comme le produit d'un espacement des fissures srm et d'une déformation moyenne du ferraillage εsm, qui est la même grandeur que celle obtenue par la CSFM en intégrant les déformations calculées le long des barres d'armature sur l'espacement des fissures. Les limites du tableau 8.6 sont donc définies pour une ouverture de fissure de même nature que celle fournie par l'application, contrairement à une limite dérivée d'un paramètre de répartition des barres tel que z.
9 Précontrainte - description du modèle
Introduction et modèles de matériaux
La Méthode du Champ de Contraintes Compatible (CSFM) est une méthode de calcul basée sur les contraintes planes 2D, dans laquelle le béton est modélisé par des éléments finis 2D auxquels des éléments de ferraillage 1D sont reliés par des liaisons (« constraints »). Des éléments 1D de type particulier, représentant le ferraillage de précontrainte adhérent, peuvent également être ajoutés au modèle. Ils peuvent être modélisés en prétension ou en post-tension.
Le ferraillage de précontrainte est modélisé de la même manière que le ferraillage conventionnel, à l'aide d'éléments linéaires transmettant l'effort axial. Chaque élément de ferraillage de précontrainte est caractérisé par sa section et les propriétés de son matériau. Ces propriétés sont données par la courbe caractéristique du matériau selon la norme utilisée (EN 1992-1-1, ACI 318-19, etc.)
EUROCODE
Diagramme contrainte-déformation du ferraillage de précontrainte : a) diagramme contrainte-déformation défini dans l'EN 1992-1-1 ; b) déformation initiale du ferraillage prétendu

ACI
Diagramme contrainte-déformation du ferraillage de précontrainte : a) diagramme contrainte-déformation ; b) déformation initiale du ferraillage prétendu

Les éléments de ferraillage sont reliés aux éléments 2D du modèle de béton par un modèle d'adhérence, de la même manière que le ferraillage classique du béton.
Les éléments du modèle d'adhérence permettent la déformation relative du ferraillage de précontrainte et du béton avec des caractéristiques non linéaires appropriées. Cela permet de modéliser correctement la cohésion entre le ferraillage et le béton, ainsi que le modèle d'ancrage du ferraillage prétendu. Les dispositifs d'extrémité du ferraillage post-tendu, par exemple la plaque d'ancrage, sont modélisés par un élément dont la rigidité correspond à celle de l'ancrage à l'extrémité du ferraillage de précontrainte. L'effort de précontrainte d'extrémité est appliqué au modèle de béton sous forme de charge surfacique, sur une zone de la taille de la plaque d'ancrage. Le modèle ne peut pas décrire correctement l'état de contrainte triaxial local dans la zone située sous l'ancrage ; cette zone doit être étudiée séparément.
Le raidissement en traction du ferraillage dû aux interactions avec le béton n'est pas pris en compte dans le ferraillage de précontrainte, car le béton situé au voisinage du ferraillage de précontrainte est supposé être en compression.
Ferraillage prétendu
Le ferraillage prétendu est mis en précontrainte avant le coulage de l'élément. Il est presque toujours disposé en ligne droite, de sorte qu'aucune perte de précontrainte par frottement ne se produit. Lorsque la résistance requise du béton est atteinte, le ferraillage est libéré des massifs d'ancrage, ce qui active le ferraillage de précontrainte et transfère les efforts du ferraillage au béton. Cet effet est physiquement équivalent à un refroidissement du ferraillage et il est modélisé par une déformation initiale, de manière similaire à une charge thermique. On obtient ainsi un diagramme contrainte-déformation du ferraillage de précontrainte tel que présenté sur la figure ci-dessus en b). Le modèle de calcul détermine automatiquement la réponse en déformation de la structure à la précontrainte appliquée, et détermine donc directement les pertes de précontrainte dues à la déformation élastique de l'élément.
La force de précontrainte étant connue, et donc également la contrainte de précontrainte σpmo, le diagramme du matériau du ferraillage est utilisé pour exprimer la dépendance de la contrainte à la déformation, qui peut s'écrire :
En supposant que la contrainte de précontrainte dans le ferraillage est inférieure à la limite d'élasticité (c'est-à-dire que les conditions définies dans l'EN 1992-1-1, chapitre 5.10.3 sont satisfaites), la déformation initiale peut également être calculée comme suit :
ε0 - déformation initiale due à la précontrainte
σpm0 - contrainte juste avant la libération
Ep - module d'élasticité du ferraillage de précontrainte
Le ferraillage prétendu a ceci de particulier que l'ancrage de ses extrémités est assuré par plusieurs mécanismes différents : l'adhérence entre le ferraillage et le béton à l'échelle moléculaire, le frottement généré à l'interface entre la surface du ferraillage et le béton, la pénétration mécanique du ferraillage en spirale dans le béton, et l'augmentation du diamètre du ferraillage de précontrainte, connue sous le nom de mécanisme de coin ou effet Hoyer. Les effets précités sont inclus dans le modèle de calcul CSFM en modifiant les propriétés du modèle d'ancrage dans la zone d'extrémité du ferraillage prétendu.
Interaction entre le ferraillage prétendu et le béton : a) pénétration du ferraillage en spirale dans le béton ; b) effet Hoyer

Ferraillage post-tendu
Le ferraillage post-tendu est mis en précontrainte après le coulage de la structure. Le dispositif de mise en précontrainte prend directement appui sur la structure, ce qui élimine les pertes dues à la déformation élastique de la structure sous l'effet de la précontrainte. Une fois l'effort de précontrainte souhaité atteint, le ferraillage est ancré, puis les gaines sont injectées, ce qui assure l'adhérence du ferraillage à la structure. Lors de la modélisation du ferraillage post-tendu, le calcul est donc divisé en plusieurs étapes de chargement : mise en précontrainte, application des autres charges permanentes et application des charges variables.
Maillage béton en éléments finis avec éléments 1D de ferraillage de précontrainte associés :

Étape de chargement « précontrainte »
Lors de la mise en précontrainte du ferraillage, la rigidité du ferraillage n'est pas intégrée à la rigidité de la structure. Dans cette étape de chargement, la rigidité de l'élément linéaire n'est pas prise en compte dans le modèle : les éléments de ferraillage sont remplacés par une charge équivalente correspondant à la contrainte de précontrainte et à la section du ferraillage, comme illustré sur la figure ci-dessus. Une fois la charge complète due à la précontrainte atteinte et la convergence de cette étape de chargement obtenue, la déformation de l'élément linéaire considéré est relevée. À partir de cette déformation, la déformation initiale ε0 de chacun des éléments linéaires du ferraillage de précontrainte est déterminée.
La contrainte de précontrainte peut être définie manuellement sur la longueur du ferraillage ou calculée automatiquement à partir de la géométrie du ferraillage. Si le calcul automatique des pertes est choisi, les pertes par frottement (selon l'EN 1992-1-1, 5.10.5.2, ou l'ACI 318-19, 20.3.2) et le glissement du ferraillage (enfoncement des clavettes d'ancrage) lors de l'ancrage sont pris en compte. Tout le ferraillage de précontrainte étant appliqué en une seule étape, les pertes dues à la mise en précontrainte successive ne sont pas prises en compte.
Étapes de chargement suivantes avec ferraillage de précontrainte actif
Dans les étapes de chargement suivantes (application des autres charges permanentes et variables), la même procédure que pour le ferraillage prétendu est suivie. La rigidité complète du ferraillage de précontrainte est prise en compte, l'adhérence entre le ferraillage et le béton environnant est prise en compte, et le diagramme contrainte-déformation du ferraillage de précontrainte est modifié par la déformation initiale ε0. Cette déformation est différente pour chaque élément et a été obtenue à l'étape de chargement « précontrainte » précédente. Grâce à l'adhérence entre le ferraillage et le béton, la variation de la précontrainte due à la déformation élastique de la structure sous l'effet de la charge extérieure est correctement prise en compte dans le modèle.
Références
AASHTO. 2014. AASHTO LRFD Bridge Design Specifications. 7th ed. Washington, DC: American Association of State Highway and Transportation Officials.
AASHTO. 2024. AASHTO LRFD Bridge Design Specifications. 10th ed. Washington, DC: American Association of State Highway and Transportation Officials.
ACI Committee 318. 2019. Building Code Requirements for Structural Concrete (ACI 318-19) and Commentary. Farmington Hills, MI: American Concrete Institute.
Alvarez, Manuel. 1998. Einfluss des Verbundverhaltens auf das Verformungsvermögen von Stahlbeton. IBK Bericht 236. Basel: Institut für Baustatik und Konstruktion, ETH Zurich, Birkhäuser Verlag.
Beeby, A. W. 1979. “The Prediction of Crack Widths in Hardened Concrete.” The Structural Engineer 57A (1): 9–17.
Broms, Bengt B. 1965. “Crack Width and Crack Spacing In Reinforced Concrete Members.” ACI Journal Proceedings 62 (10): 1237–56. https://doi.org/10.14359/7742.
Burns, C.. 2012. “Serviceability Analysis of Reinforced Concrete Members Based on the Tension Chord Model.” IBK Report Nr. 342, Zurich, Switzerland: ETH Zurich.
Crisfield, M. A. 1997. Non-Linear Finite Element Analysis of Solids and Structures. Wiley.
CSA Group. 2014. Canadian Highway Bridge Design Code (CSA S6-14). Toronto, ON: CSA Group.
CSA Group. 2024. Design of Concrete Structures (CSA A23.3:24). Toronto, ON: CSA Group.
European Committee for Standardization (CEN). 2015. 1 Eurocode 2: Design of concrete structures - Part 1-1: General rules and rules for buildings. Brussels: CEN, 2005.
Fernández Ruiz, M., and A. Muttoni. 2007. “On Development of Suitable Stress Fields for Structural Concrete.” ACI Structural Journal 104 (4): 495–502.
Kaufmann, W., J. Mata-Falcón, M. Weber, T. Galkovski, D. Thong Tran, J. Kabelac, M. Konecny, J. Navratil, M. Cihal, and P. Komarkova. 2020. “Compatible Stress Field Design Of Structural Concrete. Berlin, Germany.”AZ Druck und Datentechnik GmbH, ISBN 978-3-906916-95-8.
Kaufmann, W., and P. Marti. 1998. “Structural Concrete: Cracked Membrane Model.” Journal of Structural Engineering 124 (12): 1467–75. https://doi.org/10.1061/(ASCE)0733-9445(1998)124:12(1467).
Kaufmann, W.. 1998. “Strength and Deformations of Structural Concrete Subjected to In-Plane Shear and Normal Forces.” Doctoral dissertation, Basel: Institut für Baustatik und Konstruktion, ETH Zürich. https://doi.org/10.1007/978-3-0348-7612-4.
Konečný, M., J. Kabeláč, and J. Navrátil. 2017. Use of Topology Optimization in Concrete Reinforcement Design. 24. Czech Concrete Days (2017). ČBS ČSSI. https://resources.ideastatica.com/Content/06_Detail/Verification/Articles/Topology_optimization_US.pdf.
Marti, P. 1985. “Truss Models in Detailing.” Concrete International 7 (12): 66–73.
Marti, P. 2013. Theory of Structures: Fundamentals, Framed Structures, Plates and Shells. First edition. Berlin, Germany: Wiley Ernst & Sohn.
http://sfx.ethz.ch/sfx_locater?sid=ALEPH:EBI01&genre=book&isbn=9783433029916.
Marti, P., M.Alvarez, W. Kaufmann, and V. Sigrist. 1998. “Tension Chord Model for Structural Concrete.” Structural Engineering International 8 (4): 287–298.
https://doi.org/10.2749/101686698780488875.
Mata-Falcón, J. 2015. “Serviceability and Ultimate Behaviour of Dapped-End Beams (In Spanish: Estudio Del Comportamiento En Servicio y Rotura de Los Apoyos a Media Madera).” PhD thesis, Valencia: Universitat Politècnica de València.
Meier, H. 1983. “Berücksichtigung Des Wirklichkeitsnahen Werkstoffverhaltens Beim Standsicherheitsnachweis Turmartiger Stahlbetonbauwerke.” Institut für Massivbau, Universität Stuttgart.
Navrátil, J., P. Ševčík, L. Michalčík, P. Foltyn, and J. Kabeláč. 2017. A Solution for Walls and Details of Concrete Structures. 24. Czech Concrete Days.
Schlaich, J., K. Schäfer, and M. Jennewein. 1987a. “Toward a Consistent Design of Structural Concrete.” PCI Journal 32 (3): 74–150.
Standards Australia. 2018. Concrete Structures (AS 3600:2018). Sydney, NSW: Standards Australia.
Standards Australia. 2022. Concrete Structures – Commentary (Supplement 1 to AS 3600:2018). Sydney, NSW: Standards Australia.
Vecchio, F.J., and M.P. Collins. 1986. “The Modified Compression Field Theory for Reinforced Concrete Elements Subjected to Shear.” ACI Journal 83 (2): 219–31.




